" - Ce n'est pas le premier souci des gens"

- Comment donc convaincre ?

Cette note a été initialement écrite en 2004 ; en 2009, la situation a bien changé mais cette note, pour l'essentiel, reste d'actualité.

Des décisions heureuses ont été prises : un plan bois-énergie ; les progrès techniques et industriels sur les véhicules électriques, les aides à l'isolation thermique et l'efficaicté énergétique du bâtiment., une taxe CO2.

Mais à la veille de l'examen de la loi Grenelle 2, il s'agit plutôt d'éviter  de "faire n'importe quoi".On a déjà eu le biocarburant de première génération, qui gaspille les sols ; maintenant on prévoit de développer l'éolien et le photovoltaïque qui coûtent fort cher et n'apportent rien par rapport au nucléaire ; on risque de rendre obligatoires des travaux d'isolation très coûteux et l'on tarde à s'engager dans la relance du nucléaire.


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On parle beaucoup de l'effet de serre sans doute mais l'on sent aussi un grand scepticisme (c'est vrai à la veille de la réunion de Copenhague, en décembre 2009): comment déboucher sur un programme mondial ; comment convaincre Chinois ou Indiens qui ont froid de se priver du charbon qui est sous leurs pieds au motif que, s'ils le brûlent, ils réchaufferont l'atmosphère ?

Le protocole de Kyoto est intéressant sans doute mais les engagements sont loin du compte et il a perdu encore de sa portée avec le retrait des Etats-Unis ; et ce n'est pas l'entrée de la Russie qui lui donne plus de force - comme on le montre ici.

Bref, on doit bien constater que cette préoccupation ne se traduit pas dans des décisions et qu'il n'y a pas une grande mobilisation des élus.
 

Alors comment convaincre ?

* Ne pas se raconter d'histoires : ce n'est pas demain qu'il y aura une mobilisation et une gouvernance mondiales sur le sujet ; en tous cas il est prudent d'agir comme si cette gouvernance n'était pas en place.

* Ne pas oublier les ordres de grandeur et les données physiques de base.

* Montrer que c'est possible même si nous sommes seuls. 

* Pour cela, esquisser un plan cohérent, concret, pratique, donner des perspectives sur 30 ou 40 ans

* Tracer une feuille de route avec aussi peu d'incertitudes que possible ; en particulier, effacer l'incertitude sur l'évolution du prix du pétrole en décidant qu'un impôt sur l'énergie fossile sera calculé pour que le prix à la consommation finale augmente régulièrement indépendamment du prix du pétrole.

* Démontrer que tout le monde sera traité de façon équitable ; pour cela fixer des critères simples et compréhensibles par tous pour dire ce qu'est une "bonne action climat". Voyez "Trop de pétrole" (chapitre 5) et l'article paru dans Esprit (février 2007)

* Montrer que l'Etat a choisi les méthodes qui conduisent à utiliser les techniques les moins onéreuses  ; et montrer qu'alors ce n'est pas trop cher - ce qui a de fortes implications sur la production d'électricité

* Montrer que même si nous sommes seuls, cela présente des avantages : de la même façon que nous avons eu intérêt à lancer le programme nucléaire, même seuls, dans les années 70 : 

  - un triple intérêt stratégique :
                  - nous acquerrons une autonomie énergétique suffisante pour le temps de crise
                  - notre pays montrera ce que l'on peut faire : M. Chirac pourra, comme à Johannesburg, exhorter le monde pour qu'il ne regarde pas ailleurs quand la maison brûle
                  - en agissant, même seuls, nous montrons de la sollicitude pour tous les pays qui ont peu de moyens de se prémunir contre les conséquences du bouleversement climatique ; nous pourrons ainsi agir plus efficacement pour l'apaisement des tensions.

   - un intérêt économique et social :
                  -  créer des emplois de toute nature, de base et de pointe, non délocalisables et répartis sur tout le territoire- c'est certainement un avantage du point de vue de l'aménagement du territoire mais cela ne veut pourtant pas dire à coup sûr une création nette d'emplois.
                  -
être prêt pour le jour où l'humanité, prise de panique, décidera brutalement de réduire de façon drastique les émissions de gaz carbonique fossile ; si nous nous sommes dégagés de l'énergie fossile, nous n'en souffrirons pas et nous serons prêts pour répondre aux besoins des autre pays. Voir sur ce sujet l'article de J.P. Dupuy dans Esprit de février 2007 et les chapitres 4 et 9 de "Trop de pétrole !"

   - un intérêt sur la santé, par une forte diminution de la pollution urbaine

  - un intérêt politique : avoir un grand projet :  notre société n'a-t-elle pas besoin de grands projets ? Et ce projet pourrait faire l'objet d'une coopération renofrocée avec quelques autres Etats membres de l'Union européenne.

Pour un débat sur l'intérêt d'une telle politique, voir aussi ici.
 

* Rendre possibles des débats constructifs, sur des faits, sans idéologie ni a priori et sans faire de morale

* Dire quelles sont les principales décisions à prendre dès maintenant.

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C'est ce que nous faisons en présentant un scénario concret 
et en publiant les hypothèses, le détail des calculs
les résultats, les pistes qu'ils ouvrent et les questions qu'ils soulèvent

Lisez "Trop de pétrole !" où tout cela est présenté de façon organisée comme dans un roman : le monde dispose de deux ou trois fois trop d'énergie fossile ; la régulation sera donc politique, donc sous la responsabilité des Etats. La France  peut agir, même si elle est seule. Cela peut ne pas lui coûter trop cher. Elle a intérêt à agir, même si elle est seule. Le rôle de l'Etat est de dire ce qu'est une action utile et ce qui est inutilement coûteux et de rendre possible tout ce qui est utile. Il dispose des moyens de la réglementation, de la fiscalité et des incitations qu'il utilisera ensemble ; la technique des marchés de permis ne sera utilisée que lorsque les conditions de son efficacité seront réunies. Le cas très particulier de l'électricité. Des chemins pour passer de la situation d'aujourd'hui à la situation future. Le dernier chapitre situe tout cela dans la gouvernance mondiale et la coopération européenne. La conclusion a pour titre : "Si tu veux la paix..." car c'est bien sur ce registre qu'il faut poser et traiter la question de la lutte contre le changement climatique. Lire ici la table des matières et une recension.




 
Pour une vue d'ensemble, voir  l'article paru dans la revue de l'énergie  et "Trop de pétrole ! "    

 
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