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Scénario de division par trois de nos
émissions de gaz carbonique
Les effets sur le revenu des ménages et sur les créations d'emplois
Le programme de division par trois des émissions, à grands traits
Pour calculer les émission évitées,
on fait une comparaison, non pas avec la situation actuelle mais avec
ce
que donnerait une évolution tendancielle. - la consommation d’énergie diminue
légèrement par rapport à aujourd'hui, ce qui évite
l’émission de 40 MtC dans le transport (véhicules plus efficaces par
exemple) et dans le transport - la production de biocarburant permet d’éviter l’émission de 20 MtC - l’utilisation d’électricité dans les transports terrestres évite l’émission de 15 MtC - la production de biomasse pour la chaleur augmente, et évite l’émission de 10 MtC - l’utilisation d’électricité pour le chauffage : introduire dans l’eau du chauffage central une résistance électrique qui sera mise hors tension pendant les périodes de pointe de consommation (chauffage hybride) évitera l’émission de 2 MtC ; l’utilisation des PAC (pompes à caleur) permet d’éviter l’émission de 13 MtC. Les
dépenses à engager pour économiser l’énergie ou pour
produire et utiliser une énergie autre que fossile
On fera les hypothèses suivantes : - Le coût de production du biocarburant est de 950 €/m3 quelle que soit la quantité produite, ce qui conduit à un prix à la pompe de 1,75 €/l. - L’utilisation d’électricité dans les transports terrestres est intéressante si le carburant coûte 1,75 €/l à la pompe. - Un chauffage avec une pompe à chaleur coûte moins que ce que coûterait un chauffage au fioul, celui-ci étant au prix de 1200 €/m3 TTC ; le chauffage hybride est intéressant si le fioul est à 900 €/m3 TTC. - Le coût de la chaleur à partir de biomasse, notamment par réseau de chaleur, est très différent selon la densité géographique des bâtiments à chauffer. Faute de mieux, on supposera que les émissions évitées sont une fonction linéaire du coût de la chaleur. - Il en est de même pour les
économies d’énergie : les quantités évitées dépendent de façon linéaire
du montant des dépenses à réaliser pour les obtenir.
Au sujet du coût de la réduction des
émissions Le coût de réduction des émissions est la différence entre deux nombres : ce que l’on dépense lorsqu’on les a réduites et ce que l’on aurait dépensé si on ne les avait pas réduites. Le coût de la réduction des émissions dépend donc directement du prix de l’énergie fossile tel qu’il est payé par celui qui décide d diminuer ses émissions de CO2. Il faut donc faire une hypothèse sur le prix de l’énergie fossile achetée par la France. Hypothèses sur
le prix de l’énergie fossile achetée par la
France
Le prix à
la consommation finale du fioul et du gazole
seraient les suivants.
Le coût du programme de division par trois des émissions selon le prix du pétrole Les coûts sont hors TVA.
Pour évaluer le coût du programme de division par trois des émissions, il faut comparer à une situation "sans politique CO2". On supposera que, sans ce programme de réduction des émissions, les entreprises et les particuliers prennent les décisions qui sont économiquement intéressantes le prix du pétrole étant ce qu’il est. Si le prix du pétrole est de 170 $/bl
Si le prix du pétrole est de 50 $/bl
Le prix « entrée en
France » du gazole est de 280
€/m3. Le biocarburant coûte donc plus cher, hors TVA, de 670 €/m3 soit
800
€/tep. On peut assimiler tep et tC. Pour 20 MtC, cela fait 16 G€
(milliards d’euros).
Energies sans CO2 pour
la chaleur Le fioul coûte, hors TVA, 430 €/m3. L’utilisation de l’électricité pour le chauffage par pompe à chaleur coûte 1000 €/m3 hors TVA. Le surcoût est de 570 €/m3, soit 680 €/tC. Le coût des 13 MtC évitées est donc de 8,8 G€. Pour l’utilisation de la
biomasse le surcoût sera de moitié par tC, soit 340 €/tC. Pour
10 Mtep 3,4 G€. Pour les économies d’énergie le surcoût moyen sera de 340 €/tC. Pour 40 MtC : 13,6 G€.
Au total
Si le prix du pétrole est de 100 $/bl : Dans la situation "sans politique
CO2", le prix du pétrole n’est pas
suffisant pour rendre intéressants le biocarburant ni l’utilisation de
l’électricité
pour le transport sur route ; on n’utilise pas non plus de PAC.
Mais on
aura introduit dans l’eau du chauffage central des logements existants
équipés
d’un chauffage au fioul une résistance électrique mise hors tension
pendant les
heures de pointe de consommation d’électricité. Mais, comparé à une
évolution "sans politiques CO2" et avec un pétrole à 50 $/bl, on a fait
des travaux d’économie
d’énergie et l’on
utilise davantage de biomasse pour se chauffer.
Energies sans CO2 pour le
transport Le gazole coûte 560 €/m3 entrée France ; le biocarburant coûte donc, en plus, 390 €/m3 ou 464 €/tC. Le surcoût d’utilisation de l’électricité pour le transport est du même ordre.
Energies sans CO2 pour
la chaleur
Sur les 40 MtC à éviter par des économies d’énergie (différence entre d'une partla consommation selon l’évolution sans politique CO2 et avec un pétrole à 50 $/bl et d'autre part la consommation selon le scénario de division par trois), une partie est réalisée spontanément car moins coûteuse que l’utilisation de l’énergie fossile ( qui est ici à 100 $/bl). Toutes les économies d’énergie seraient réalisées spontanément si le pétrole était à 170 $/bl. Si son prix est de 100 $/bl supposons que les économies d’énergie spontanées sont égales à 40*(100-50)/(170-50) soit 16,7 MtC. Le fioul coûte, hors TVA, 710 €/m3. La plus coûteuses des méthodes choisies pour éviter des émissions oblige à dépenser 1200 € par m3 de fioul évité, soit 1000 € hors TVA. Le même raisonnement s'applique au transport. En moyenne, les dépenses à réaliser sont donc intermédiaires entre 710 et 1000 €/m3 hors TVA. Supposons qu'elles soient de 855 €/m3, soit un surcoût, par rapport à l’utilisation d’énergie fossile, de 145 €/m3 ou 173 €/tC, cela pour 16,7 MtC. Les dépenses d’économie d’énergie causées par le programme de réduction des émissions sont donc de 2,9 G€.
Au total Un coût de 1 à 2,5 % du
revenu disponible des ménages A titre de comparaison, le PIB français est aujourd’hui de 1900 milliards d’euros. Comme le coût du programme sera supporté par les ménages, il vaut mieux le comparer au revenu brut des ménages, égal aux deux tiers du PIB soit 12 700 milliards d’euros. Si celui-ci augmente en moyenne de 1,5 % par an, dans trente ans il sera de 2400 milliards d’euros. Le coût du programme de réduction des émissions serait de 2,3 % du revenu brut des ménages si l’on suppose que le prix du pétrole est bas (50 $/bl, l’euro valant 1,5 $), de 1 % du revenu brut des ménages si l’on suppose que le prix du pétrole est à 100 $/bl ; il serait nul si la régulation des émissions de CO2 était réalisée par les pays exportateurs d’énergie fossile – ce qui n’est pas l’option à souhaiter ! Une variante avec moins
de nucléaire que dans le scénario de référence - que l'on peut consulter ici
Les calculs ont été faits hors TVA car, en première approximation, on peut supposer que ce programme n’aura pas d’effet sur l’activité totale de la France dont sur la TVA. Les effets d’un impôt CO2 sur le pouvoir d’achat des ménages Supposons que l’Etat décide de créer
un impôt sur la
consommation d’énergie fossile en le calculant de façon que la
consommation
d’énergie fossile soit divisée par trois. Il restituera aux ménages le
produit
de cet impôt d’une façon ou d’une autre, par exemple en diminuant
d’autres
impôts ou des charges sociales. Son discours officiel sera le suivant : « je crée un impôt, je
vous
restitue le produit
de cet impôt, donc votre pouvoir d’achat n’est pas affecté ». Les ménages ressentiront la chose
différemment. Comme le
prix du fioul, du gaz ou du carburant aura augmenté, ils investiront
pour en
consommer moins. L’impôt qu’ils paieront sera donc calculé sur une
consommation
inférieure à ce qu’elle était auparavant ; il en sera de même des
sommes
qui leur seront « restituées ». Leur pouvoir d’achat ne sera
pas
modifié, mais la part de ce pouvoir d’achat consacrée à la consommation
ou aux
économies d’énergie aura augmenté ; donc la part de leur pouvoir
d’achat
qui restera disponible pour autre chose aura diminué. Cet effet pourrait être diminué si le
programme de réduction
des émissions est réellement créateur d’emplois. Le programme de réduction des
émissions créera de nombreux
emplois en ville et dans la campagne et dans tous les métiers :
bâtiments
et travaux publics, construction mécanique, génie électrique,
équipements
publics, urbanisme, automobiles, etc. Le chiffre d’affaire de cette
activité
nouvelle peut être évalué. Le coût hors impôts du biocarburant sera de
1150 par
tonne de carbone évitée ; la production et l’utilisation de
l’électricité pour
le transport coûteront à peu près autant, soit 40 milliards d’euros.
L’utilisation
de l’électricité pour le chauffage (pompes à chaleur pour l’essentiel)
coûtera
à peu près autant, soit, pour 15 MtC, 17,2 Milliards d’euros.
L’utilisation de la
biomasse pour se chauffer coûtera entre 500 et 1000 €/tC soit 750 €/tC
en
moyenne pour 10 MtC soit 7,5 G€. Les économies d’énergie, en
comparaison avec
une évolution tendancielle, coûteront en moyenne 500 € par tC évitée
pour 40
MtC, soit 20 milliards d’euros. Au total l’activité directement
générée par le programme de
division par trois des émissions sera de 84,7 milliards d’euros. Ce
chiffre ne dépend pas du prix du pétrole. Le PIB est aujourd’hui de 1900
milliards d’euros. Une
croissance de 1,5 % par an le porterait à 3600 milliards d’euros.
L’activité
générée par le programme de division par trois des émissions serait
donc de 2,4
% du PIB. On peut en déduire le nombre d’emplois directement
créés : 2,4 %
de la population active, qui est de 28 millions, soit près de
700 000 emplois. Mais attention !
Ce ne sont pas
des créations nettes d’emplois !
Car les dépenses faites par les consommateurs pour l’énergie ne
pourront pas être
faites pour autre chose. Ces 700 000 emplois sont des emplois qui
ne seront
pas créés dans d’autres secteurs d’activité. Ce seront des emplois créés en
France. Certes, mais n’oublions
pas que l’argent que nous versons aux pays dont nous achetons des
marchandises
leur permet de nous acheter d’autres marchandises. La création d’emplois dépend de
facteurs sociaux et
économiques généraux qui débordent largement la question du CO2. Tout
au plus
peut-on penser qu’un puissant mouvement pour diminuer les émissions de
CO2
créera des opportunités qui permettront à quelques personnes
aujourd’hui au chômage
de trouver quelque chose qui leur convient. Mais il est
extrêmement difficile, voire impossible, d’évaluer
les créations nettes d’emplois. |
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