Quelles taxes pour lutter contre l'effet de serre ?

rédigé en 2005, toujours d'actualité en 2009.

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Propositions - présentation résumée

Il faut distinguer taxe et taxe

Quelles sont les justifications d’une taxe sur l’énergie ?
     La TVA
     la TIPP aujourd'hui  : la remplacer par une taxe transport (et peut-être, une taxe chauffage)
      Et les émissions de gaz carbonique ? Une "taxe climat"

Deux taxes de nature très différente : un tableau comparant la taxe transport et la taxe climat

Quel serait le produit d’une taxe climat sur les énergies fossiles, produit restitué aux ménages
 


 
Propositions

- Remplacer la TIPP applicable aux carburants par une taxe transport.

- Ajuster la taxe transport pour qu'elle représente les dommages externes locaux de l 'usage de l'énergie dans le transport ; il peut aussi y avoir d'autres taxes ou droits représentant certains de ces dommages, ce qui permet un ajustement plus fin, comme un péage pour l'entrée en ville ou des droits de stationnement.

- Ordre de grandeur du montant de la taxe transport
     taxe transport sur le carburant (bio ou pétrolier) : 430 €/tep
     taxe transport sur l'électricité utilisée dans le transport 430 €/tep électrique, soit 140 €/tep équivalent carburant (1 tep électrique permet de parcourir la même distance que 3 tep de carburant), car l'électricité cause beaucoup moins de dommages locaux.

- Créer une taxe climat sur les énergies fossiles pour porter progressivement le prix à la consommation finale de l'énergie fossile à un niveau qui rémunère les coûts de production des autres formes d'énergie. A terme, le montant de la taxe sera suffisant pour que les formes d'énergie non fossiles trouvent leur place ; entre temps, une partie du produit de la taxe servira à financer le surcoût de ces formes d'énergie pour des volumes croissants. La part du produit de cette taxe restituée aux ménages permettra d'apporter aux plus faibles revenus une aide forfaitaire, indépendante de leur consommationd'énergie ; elle pourrait également financer une une dotation aux collectivités locales dont la politique d'urbansime est économe en émissinos de gaz carbonique.

- La taxe carbone est calculée chaque année de façon que le prix à la consommation finale augmente chaque années de 2 à 2,5 €/l de pétrole ou de fioul, l'équivalent pour le gaz.
 

Voici quelques réflexions pour alimenter la discussion

Il faut distinguer taxe et taxe

Une taxe sur l'énergie - ou sur certaines formes d'énergie seulement - peut servir à plusieurs choses 

     - apporter de l'argent dans les caisses de l'Etat
     - compenser les inconvénients causés par l'utilisation de cette énergie
     - ou limiter la consommation de l'énergie pour limiter les inconvénients causés par elle. 

Une taxe du second type peut avoir comme effet d'apporter des fonds au budget public et une taxe du premier ou du second type contribue à diminuer les inconvénients (ce qui est le but des taxes de troisième type) mais il vaut mieux préciser le but recherché car, selon le cas, les caratéristiques de la taxe seront différentes.

Si la taxe a pour but d'alimenter le budget, on ne cherchera pas à diminuer les quantités d'énergie ; si la compensation des inconvénients est exacte, il n'y a pas de raison, non plus, de vouloir diminuer la consommation d'énergie ; par contre dans le troisième cas, la taxe est créée précisément pour diminuer cette consommation. Dans les deux premiers cas, l'argent de la taxe est utilisé ; il ne doit donc pas être remboursé aux ménages ; dans le troisième cas, la taxe peut être portée à un niveau suffisant pour que, sans autre intervention publique, la consommation respecte le plafond que l'on s'est fixé ; alors le but de la taxe n'est pas de collecter de l'argent, son produit peut être restitué aux ménages sous la forme d'une baisse d'autres impôts. Comme cette restitution est indépendante de la quantité d'énergie consommée, elle n'ôte rien à l'effet incitatif de la taxe, c'est à dire à l'efficacité du "signal prix". C'est ainsi que nous avons calculé le montant de la taxe "climat" sur les énergies fossiles à échéance de trente ou quarante ans. Au début de 2010, je pense que la taxe doit porter le prix du fioul à 1200 €/m3 TTC, celui du gazole à 1,75 €/l à la pompe. Si le prix du pétrole est à 70 $/bl, il faudrait donc une taxe de 70 c€/l.


Mais il n'est pas question de créer ex abrupto une taxe de ce montant ; la taxe sera calculée pour augmenter progressivementl e prix à la consommation finale. Une partie du produit de la taxe pourra donc être utilisée pour financer, par subventions ou par crédits d'impôts, le surcoût de volumes croissants de ces autres formes d'énergie à un rythme fixé par l'Etat en accord avec les professions. Alors que notre tableau final n'a pas besoin de subventions mais seulement d'une taxe bien ajustée, en phase transitoire il faudra des subventions ou des crédits d'impôt. Le tableau y perd en "pureté" ; mais c'est le sort de toute situation transitoire.

Pendant cette phase transitoire, il est possible également de fixer réglementairement, dans un domaine donné , une obligation quantitative que chaque acteur du domaine doit respecter, en laissant aux acteurs la possibilité de négocier avec les autes le respect de leurs obligations. Cette obligation peut être un plafond d'émission de gaz carbonique ou un minimum à respecter, comme l'utilisation d'énergies sans émission de gaz carbonique fossile. Le système peut alors être efficace à certaines conditions : il ne doit pas créer un handicap au dépends des entreprises assujetties par rapport à celles qui ne le sont pas ; le marché pour fonctionner doit être assez ouvert et la concurrence doit s'y exercer ; l'obligation ne doit pas créer une charge disproportionné avec de qui est demandé, pour le même objet, dans un autre secteur.


Si l'on ne fait pas cette distinction entre les différents types de taxe, le risque est grand que l'on ne parvienne pas à se comprendre.

Quelles sont les justifications d’une taxe sur l’énergie ?

       - La TVA sert à alimenter le budget de l'Etat ; c'est clair. Nous n'en parlons pas ici.

       - La TIPP aujourd'hui

TIPP veut dire "taxe intérieure sur les produits pétroliers". Elle s'applique au super (environ 60 €/hl), au gazole (43 €/hl) et au fioul domestique (7 €/hl). Elle s'applique aussi, très atténuée, au biocarburant.

Elle est très ancienne. Elle sert évidemment à nourrir le budget de l'Etat. Mais, indépendamment de cela, d'autres justifications sont très fortes.

            Etre moins dépendant de l'étranger et retarder l'épuisement des ressources ? 

Ce fut longtemps une très bonne justification d'une taxe sur le charbon et le pétrole. Mais aujourd'hui on se rend compte que, du point de vue de l'effet de serre, il y a trop d'énergie fossile dans le monde et la préoccupation de l'environnement est devenue plus importante. Il n'y a donc pas de risque de pénurie durable mais cela n'empêche pas les soubresauts dus à des phénomènes conjoncturels ou à des volontés stratégiques. L'objectif de sécurité d'approvisionnement, s'il est moins fort, reste présent.

            Compenser les dommages causés par l’utilisation de l’énergie : pollution locale et, pour le transport, bruit, risques de la circulation, usure des routes etc. mais sans compter les émissions de gaz carbonique ni l'encombement dans les centres ville denses.

C'est aujourd'hui  la principale justification de la taxe sur l'énergie. En gros, on peut dire que la TIPP sert à cela. Si on retient cette justification, la taxe sur les carburants est donc une "taxe transport" plutôt qu'une taxe sur les produits pétroliers. A ce propos, il faut savoir que la TIPP sur le gazole est très loin de compenser les dommages causés par le transport routier (notamment l'usure des routes, alors que le transport par voie ferrée doit payer le coût des infrastructures).

D'un point de vue économique, il n’y a donc pas de raison de diminuer la TIPP lorsque le prix du pétrole augmente puisque cette taxe compense des dommages. Si on le faisait, cela reviendrait à dire aux producteurs de pétrole et aux spéculateurs : "Allez-y ! Continuez d'augmenter le prix du pétrole ! Pour éviter que la consommation ne baisse  et pour ne pas rogner vos superprofits,  nous diminuerons les impôts sur les produits pétroliers en augmentant d'autres impôts." Ce n'est sans doute pas le meilleur message qu'on puisse leur passer.

La taxe sur l'énergie a donc la nature d'une taxe sur le transport ou sur la chaleur. En conséquence, la taxe "transport" devrait être la même pour tous les carburants liquides (puisqu'ils causent les mêmes dommages autres que les émissions de gaz carbonique). La taxe "chaleur" serait la même pour tous les combustibles liquides, mais beaucoup plus faible que la taxe "transport". La taxe "transport" et la taxe "chaleur" sur l'électricité seraient plus faibles que sur les carburants ou combustibles liquides puisque l'utilisation de l'électricité ne cause  pas de pollution locale (ni bruit, ni émission de produits chimiques ou de particules).

Dans la suite, on suppose que la TIPP n'est pas modifiée - sauf à changer son nom.
 
 

        - Et les émissions de gaz carbonique ? Une "taxe climat"

La situation est complètement différente.

Si la France  s’engage dans un vrai programme de réduction des émissions, elle se donnera comme but à trente ou quarante ans de rabaisser les émissions de gaz carbonique en dessous d'un maximum décidé par le pouvoir politique. Pour y parvenir il faut que le prix de l'énergie à la consommation finale augmente - c'est seulement une question de bon sens - .  D'un côté, cela incitera aux économies d'énergie et, de l'autre, cela rendra compétitives des formes d'énergie qui n'augmentent pas les teneurs de gaz carbonique dans l'atmosphère. Jusqu'où devrait monter le prix ? Nous avons expliqué pourquoi nous pensons qu'avec la même TVA et la même TIPP le prix du carburant devrait atteindre un niveau voisin de 1,75 €/l.

Une fois fixée la cible de prix, le pouvoir politique fixerait la façon de l'atteindre. Autant que possible, cette hausse serait progressive sur trente ou quarante ans. Il s'agit alors d'une hausse du prix de 1 cme € par litre chaque année de carburant ou de fioul, et une somme équivalente pour le gaz..

Lorsque le prix à la consommation finale de l’énergie ainsi calculé sera supérieur au prix de l’énergie TVA et TIPP ou "taxe transport" incluses, il faudrait une taxe spécifique pour faire la différence. Dans le cas contraire cette taxe serait nulle. Cette taxe serait en quelque sorte une "taxe climat".

Pour ne pas perturber la concurrence entre les entreprises qui opèrent en France (idistributeurs, raffineurs, producteurs d'énergie), l'Etat ne fixera pas le prix à la consommation finale ; il mettra un impôt sur les produits à leur entrée en France.

Comme on l'a dit plus haut, cette taxe n'est pas destinée à compenser un dommage ni à nourrir les caisses de l'Etat. Donc, son produit serait compensé par la baisse d’autres impôts. 

Naturellement, cette "taxe climat" ne s'appliquerait qu'aux énergies fossiles ; elle pourrait dépendre de l'énergie mais serait la même pour tous les usages. Son montant dépendrait du plafond des émissions fixé par le pouvoir politique et du rythme suivi pour atteindre ce plafond. Il dépendrait aussi du cours du pétrole (sans pouvoir être négatif). Son produit serait compensé par la diminution d'autres impôts.  Lorsque sa valeur sera positive, cette taxe pourrait atténuer l'effet des fluctuations du cours du pétrole.

Si une taxe avait été créée en 2010 pour faire passer le prix du fioul de 650 à 1250 €/m3 TTC et le prix du gazole de 1,05 €/l à 1,75 €/l en trente ou quarante ans, nous aurions aujourd'hui une taxe CO2 ; son montant serait nul mais tout le monde saurait que cela ne durera pas toujours : l'existence de la taxe inciterait fortement à consommer moins d'énergie fossile.

Une partie du produit de la taxe sera utilisée pour permettre aux énergies non fossiles de trouver progressivement leur marché en anticipant les effets de la hausse du prix à la consommation finale des énergies fossiles.
 

Deux taxes de nature très différente

Si on ne fait pas de distinction entre ces deux formes de taxes sur l'énergie, il n'est pas étonnant que le débat soit confus !
 
 

la taxe "transport-chaleur"
l'actuelle TIPP
la nouvelle taxe "climat"

La taxe sert-elle 

      à alimenter le budget
      à compenser un dommage
      à limiter la cause d'un dommage


oui

oui
non


non

non
oui

Dépend-elle  du cours de pétrole ?

non

oui
Le produit est-il  restitué aux ménages par la baisse d'autres impôts ?

non

oui à terme     mais
partiellement seulement,  entretemps, car une partie servira à financer des volumes croissants d'énergie non fossile

S'applique-t-elle  au biocarburant, au biofioul, à la biomasse ?

oui, au même niveau qu'aux produits pétroliers

non,   seulement aux énergies fossiles

S'applique-t-elle à l'électricité utilisée dans les transports routiers ?

oui, mais elle est alors beaucoup plus faible, au kilomètre parcouru, car les effets externes sont moindres

non, sauf pour l'électricité faite à partir de fossile (quelques % , en France)

Son montant dans 30 ou 40 ans, en ordre de grandeur seulement  - évidemment ! -

pour le transport
   carburants liquides
        ici nous supposons 430 €/tep
   électricité
        moins car il y a moinde nuisances

Pour le chauffage
      - aujourd'hui, 7 €/hl (fioul) ou 0 (gaz)  

La taxe est indépendante de l'usage.
Son montant est calculé chaque année de façon que le prix à la consommation de l'énergie augmente progressivement jusqu'à ce que le prix de l'énergie fossile devienne supérieur au coût du biocarburant. Début 2010, selon les informations disponibles, le coût de production serait de 950 €/m3.

Dans 30 ou 40 ans :
Avec un pétrole à 70 $/bl et un euro valant 1,3 $, la taxe CO2 serait de 160 €/tCO2 environ.
Avec un pétrole à 100 $/bl, la taxe CO2 serait de 100 €/tCO2.

Une taxe "autonomie énergétique" ?

La taxe "climat" s'appliquerait aux énergies fossiles. Comme ces énergies sont importées, la taxe "climat" aurait un excellent effet sur l'autonomie énergétique. Au titre de l'autonomie, il serait donc inutile d'en ajouter une autre. 
 

Précision technique

La "taxe climat", qui  n' a pas pour but de compenser un dommage ni de nourrir le budget de l'Etat, a un double effet
    - augmenter le prix toutes taxes comprises de l'énergie fossile, donc de l'énergie consommée pour en réduire la consommation
    - augmenter le prix de l'énergie fossile hors TVA et taxe "transport chauffage" (l'actuelle TIPP)  mais taxe "climat" comprise pour rendre compétitives les énergies qui ne contribuent pas au changement climatique.

En effet la lutte contre les émissions passe  et par une diminution de la demande en énergie et par le transfert de l'énergie fossile vers une énergie non émettrice de gaz carbonique.

 Pourquoi il faut fixer le montant de l'impôt le plus bas possible


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merci pour vos remarques sur ce sujet sensible
 
 
 
 
 

Quel serait le produit d’une taxe climat sur les énergies fossiles

Voici le résultat de simulations présentées dans "Trop de pétrole !" (publié début 2007) sur la base d'un pétrole à 50 $/bl (avec 1 €=1,25 $) et d'un "coût du carbone" de 400 €/tC.

Ce texte montre une méthode de raisonnement ; les valeurs doivent être réactualisées. Voir ici niveau des prix.


présentation résumée du raisonnement
le montant et le produit de la taxe climat : deux simulations
    

A- présentation résumée du raisonnement

1- Dans la situation initiale, le prix du pétrole est 65 $/bl, le fioul à 700 €/m3 TTC et le gazole à 1,13 €/l à la pompe.
 
1- Sauf rétention par les pays détenteurs, le prix mondial du pétrole ne dépassera pas durablement le coût de production de liquide à partir de charbon car le charbon est très abondant ; ce coût est de l'ordre de 50 $/bl. Le prix revient progressivement vers ce niveau.
 Mais les pays détenteurs peuvent décider de retenir le pétrole de sorte que son niveau se maintienne à 65 $/bl

2- Or les actions à engager pour diviser par trois nos émissions, en économisant l’énergie ou en utilisant des énergies qui n’émettent pas de gaz à effet de serre (biomasse, biocarburant, électricité pour le chauffage ou pour la propulsion des voitures etc.) coûtent moins que ce coûterait l'utilisation d'énergie fossile si le prix du pétrole était de 100 $/bl (mais 120 $/bl si l'euro vaut 1,5 $)

3- Pour diviser nos émissions par trois il sera donc nécessaire soit de limiter la consommation de façon réglementaire, soit de charger l’énergie fossile d’une « taxe climat » qui porte le prix à la consommation finale de ces énergies à un niveau suffisant, soit encore d'accorder des incitations financières, les trois types de mesures pouvant être combinées.

4- Si la France agit seule, les entreprises exposées à la concurrence internationale et dont le résultat dépend sensiblement du prix de l’énergie seront dispensées de payer cette taxe ; il s’agit, en simplifiant, d’une part de l’industrie et d’autre part des transports routiers qui bénéficient aujourd’hui d’une exonération de TIPP.

5- Cette taxe n’a pas pour objet d’alimenter le trésor public ; elle n’a pas non plus pour objet de compenser un dommage, mais seulement d’en limiter la cause ; lorsqu'elle aura atteint son but, son produit sera donc restitué aux ménages sous une forme à décider. Entretemps elle sera partiellement utilisée pour permettre à des énergie non fossiles de s'introduire progressivement.

6- Une façon de restituer aux ménages le produit de cette taxe climat pourrait être d’attribuer aux communes un complément de dotation globale de fonctionnement qui dépendrait des décisions prises par elles pour limiter les consommations d’énergie (PLU, circulations douces, consommations des bâtiments communaux etc.). Il s’agirait effectivement d’un retour aux ménages car les principales ressources fiscales des communes sont des impôts sur les ménages – les impôts sur les ménages sont les seules sources fiscales des communes qui font partie d’une communauté d’agglomération ou de communes.

7- Le montant de cette taxe sera calculé chaque année de façon que le prix à la consommation finale de l’énergie fossile augmente régulièrement selon une trajectoire annoncée très longtemps à l’avance, au rythme par exemple de 1 cme d’euro par litre et par an pour le carburant et pour le gazole et l’équivalent pour le gaz. Le montant de la taxe climat dépend donc du prix international du pétrole mais ne peut être négatif. Dans les premières années, en cas de forte hausse du prix du pétrole il pourra donc arriver que le prix à la consommation finale soit supérieur à celui indiqué par la trajectoire prévue.

  8- Une dotation forfatitaire sera versée aux ménages dont les revenus sont le plus faible. Cette dotation sera proportionnelle au niveau de l'impôt mais indépendante de la consommation réelle de ces ménages.
 

B- Le montant et le produit de la taxe climat : quatre simulations 

Dans toutes les simulations, obligation est faite aux distributeurs de carburant d'incorporer une propotion minimum croissante de "bioénergie" soit sous forme de biocarburant, soit en finançant des réseaux de chaleur qui utilisent de la biomasse.

Les  simulations diffèrent
     - par le profil du prix international du pétrole
                1 : le prix passe de 65 à 50 $/bl
                 2 : le prix reste à 65 $/bl

rappel : sauf indication contraire, les valeurs en dollar sont données avec l'hypothèse que 1 €  vaut 1,25 $
   
- par le profil de prix à la consommation finale :
               a : celui-ci est tel que le produit de l'impôt soit juste suffisant pour verser la dotation forfaitaire et accorder les incitations financières,
                b : celui-ci  est tel que, en fin de période, l'impôt est suffisant pour que soit atteint l'objectif sans avoir recours à la réglementation ni aux incitations.

D'où quatre scénarios 1a, 1b, 2a et 2b.

Les résultats des  simulations

Les prix
    Dans les scénarios b, le prix du fioul passe à 980 €/m3 TTC et celui du gazole à 1,45 €/l.
    Dans les scénarios a, le prix du gazole passe à 1,4 €/l ; le prix du fioul passe à 830 €/m3 dans le scénario 1a et à 880 €/m3 dans le scénario 1b.

Le produit de la taxe disponible après dotations et après incitations financières
    Dans les scénarios a, par construction, il est nul
     Dans les scénarios 1 b, le produit de la taxe disponible passe par 13 G€ l'année 20 pour revenir à 9 G€ l'année 30
      Dans le scénario 1a, il passe par 8,3 G€ l'année 20 pour revenir à 6,3 G€ l'année 30.


Rappel : ces valeurs ont été calculées à partir de données disponibles en 2006.

 

Pourquoi un impôt sur l'énergie fossile sans augmentation du produit total des impôts
diminue le pouvoir d'achat des ménages


Il n'est pas rare de lire qu'un impôt sur l'énergie fossile sera indolore puisque les autres impôts seront diminués de sorte que la prssion fiscale n'augmente pas. Allant plus loin, on nous promet parfois un "double dividende" : non seulement l'impôt nouveau  permettra de diminuer nos émissions mais, en remplaçant des impôts inefficaces, nous permettra d'augmenter nos revenus.

Ne serait-ce pas un peu trop beau ?

Supposons que vous consommiez  3 m3 de fioul par an, vendu 600 €/m3. L'état crée un impôt de 300 €/m3. vous serez incités à faire des travaux d'isolation qui vous permettent de diminuer votre consommation d'e 1 m3 par an sans changement de confort, à condition que l'annuité de l'emprunt avec lequel vous avez financé ces travaux soit inférieure à 900 €/an. Supposons qu'elle soit de 850 €/m3. Supposons aussi que tous les consommateurs d'énergie réagissent comme vous.  L'impôt  perçu par l'Etat sur  l'énergie srea calculé non pas sur la consommation initiale d'énergie mais sur la consommation ainsi réduite.

En conséquence, vous paierez pour l'énergie 2 m3 à 900 € TTC et votre annuité d'emprunt pour 850 €, soit 850 €/an de plus. Et vos impôts auront diminué du montrant de l'impôt que vous payez sur l'éergie soit 600  €.
Votrepouvoir d'achat disponible pour autre chose que l'énergie aura donc diminué de 250 €.

Il est normal que l'Etat crée un impôt représentatif de la gêne causée par l'énergie fossile ; cela incite à diminuer cette gêne et à la ramener à l'intérieur d'une limite fixée par l'Etat. Mais fixer le taux de l'impôt au-dessus de ce qui est juste nécessaire crée sur le pouvoir d'achat des ménages disponible pour autre chose que l'énergie uneponction injustifiée. Pour toucher aussi peu que possible à la liberté de choix des ménages, il faut donc fixe le montant de l'impôt aussi bas que possible.



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