Un quizz
- Le monde va manquer de carbone fossile - vrai, faux ? - A échéance de vingt ou trente ans, le prix mondial du pétrole va se stabiliser à un niveau atteignant... 40, 60, 100$/bl ? - Les éoliennes diminuent les émissions françaises de CO2 - un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? - Diviser par trois les émissions de CO2 obligera à circuler moins - vrai, faux ? - Nous allons vers une civilisation de l'hydrogène - vrai, faux ? - Pour diviser les émissions par trois en trente ans le prix du gazole devra passer, en euros constants, de 1,1 €/l en 2006 à 1,45 €/l 2 €/l 3€/l ? - Pour un ménage, ce programme de division par trois des émissions coûtera en plus chaque année 20 €/an, 50 €/an, 100 €/an ou rien du tout ? - Pour diviser par trois les émissions de gaz carbonique, la décision dépend du monde, de l'Europe, de l'Etat, des communes ? - Une action de la France toute seule ne servirait à rien - vrai, faux ? - Une action de la France seule diminuerait notre compétitivité - vrai faux ? - Diviser par trois les émissions de gaz carbonique pèsera sur l'économie française : un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ? - Avec un programme de division des émissions par trois en trente ans, dans quinze ans celles-ci auront diminué un peu, beaucoup, passionnément, pas du tout ?
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Les réponses au quizz
| La France a intérêt
à
beaucoup réduire ses émissions même si elle est
seule
: c'est VRAI
C'est vrai mais on n'y pense pas de suite ;
c'est le moins
qu'on puisse dire ! C'est d'ailleurs pourquoi nous avons ouvert ce site
! Si chaque pays attend les autres, il ne se passera rien alors
qu'il
y a urgence ; la France peut agir, elle y a intérêt
même
sans parler d'effet de serre ; et il lui sera beaucoup plus facile de
proposer
et de nouer une coopération avec d'autres pays si elle s'est
elle-même
engagée dans cette voie. Un jour lem onde prendra peur devant
les effets de la hause de température. les
réactions seront violentes. Mieux vaudra alors avoir appris
à ne pas utiliser d'énergie fossile. Tout cela est
développé
ici .
Le monde va manquer de carbone fossile : c'est FAUX. Le monde a beaucoup trop de carbone fossile.
Pour préserver
le climat, il faudrait laisser sous sol ou y remettre au moins la
moitié
du carbone fossile disponible. Parler de la pénurie de
matière
fossile, c'est avoir déjà perdu la lutte contre le
changement
climatique, même si l'on ne s'en rend pas compte.
Plus grave : c'est avoir renoncé à prendre les mesures
indispensables. Conséquence
de cette surabondance de carbone fossile : le prix de l'énergie
issu du marché mondial ne sera pas suffisant pour ramener
les émissions de gaz carbonique à un niveau qui
ménage
le climat. Il faudra donc des décisions politiques. Tout
cela est développé ici.
A échéance de vingt ou trente ans le prix mondial du pétrole va se stabiliser à hauteur de ... 50 $/bl Il était plus facile de répondre
à
la question en 2004 qu'en 2005 ou 2006 ! En 2006, le
coût
de production du carburant liquide à partir de charbon est de 40
ou 50 $/bl. Or le monde dispose de quantités
considérables de
charbon
: assez pour répondre à tous les besoins d'énergie
pendant plus de 100 ans. Evidemment, il arrivera que le prix du
pétrole
dépasse ce niveau quelque temps (dans des crises où il
peut
monter haut) surtout si les pays producteurs de pétrole
préfèrent
conserver une ressource dont le prix est élevé. Mais cela
ne durera pas plus longtemps que le temps qu'il faut pour financer puis
pour créer et mettre en oeuvre de nouvelles unités de
production
de liquide à partir de charbon. A échéance de
vingt
ou trente ans le coût du liquide ne se stabilisera sans doute pas
au-dessus de 50 $/bl (valeur 2006). Cela dit, on ne
sait pas bien
comment
les coûts d'exploitation du charbon augmenteront avec les
quantités
exploitées. Tout cela est
développé
ici.
Les éoliennes diminuent les émissions françaises de CO2 ... TRES PEU . Explication : Si on augmente la
capacité des éoliennes
sans changer la capacité de nucléaire, la production
d'éolienne
remplacera une production à partir de fossile quand le vent
souffle
et que des centrales au charbon ou un fioul fonctionnent, c'est
à
dire seulement pendant les périodes où la demande
d'électricité
est forte. Pendant les huit années à venir, la
capacité
nucléaire ne peut pas être modifiée en fonction du
programme de construction des éoliennes ; donc , de nouvelles
éoliennes
diminueront les émissions mais cela coûte très
cher.
Au-delà, les éoliennes ne permettent pas de diminuer nos
émissions. Tout cela
est développé
ici.
Diviser par trois les émissions de CO2 obligera à circuler moins : c'est FAUX Faudra-t-il se déplacer seulement
à pied
ou à bicyclette en ville, préférer les
conversations
dans le café du coin plutôt que d'aller faire une
promenade
à 300 km ? Ce n'est pas interdit, mais ce n'est certainement pas
obligatoire.
En réalité, nous pourrons faire les deux. Pour les grands
voyages, il vaut mieux prendre le train que l'avion. En ville, il est
bon
de faire de l'exercice sans doute, mais il sera tout à fait
possible
d'utiliser notre voiture. Celle-ci sera alimentée à la
fois
en carburant liquide (pétrolier ou biocarburant) pour les
grands parcours et en électricité pour la ville. Dans
notre
scénario, le nombre de km parcourus en voiture peut augmenter de
plus de 30 %. Voir par exemple le tableau
ressource-emplois
d'énergie.
Nous allons vers une civilisation de l'hydrogène : NON, pas avant très longtemps ! On lit parfois que l'hydrogène est
"l'énergie
de l'avenir". Non ! Il faut au contraire beaucoup
d'énergie
pour faire de l'hydrogène et le stockage, la distribution et
l'utilisation
de l'hydrogène coûtent très cher. Si l'on produit
l'hydrogène
avec de l'énergie fossile, on rejette du gaz carbonique (sauf si
on peut le séquestrer sous sol). Si l'on fait l'hydrogène
avec de l'électricité, pourquoi ne pas utiliser
directement
cette électricité plutôt que de passer par
l'hydrogène
? L'hydrogène ne peut être utile pour remplacer le
carburant
que si l'on manque de carburant liquide ou d'électricité
pour les véhicules. Or, en France, on ne manquera pas de
carburant
liquide "propre" car on peut produire de grandes quantités de
biocarburant.
Dans le monde, il y a bien assez de charbon pour produire du carburant
liquide. Il faudrait que les émissions de gaz carbonique
coûtent très
très cher pour que l'on préfère passer par
l'hydrogène.
Cela arrivera peut-être lorsque l'on aura épuisé
les
ressources fossiles, dans très longtemps. Voir
aussi ici.
Pour diviser les émissions par trois en trente
ans le prix
du gazole devra passer, en euros constants, de 1,1 €/l en 2006
à 1,45 €/litre Si le prix à la consommation finale
augmente à
partir du niveau de 1 €/litre chaque année, en moyenne, de
1 ou 1,5 centime deuro€ , dans trente ou quarante ans le consommateur
paiera le
coût de production du biocarburant et les mêmes
impôts
que sur le carburant fossile. A ce prix, il aura intérêt
à
utiliser l'électricité pour les déplacements en
ville,
avec un voiture bi-énergie. Si le prix du fioul et du gaz suit
la
même évolution, nous aurons intérêt à
brancher notre logement sur un réseau de chaleur qui utilisera
de
la biomasse, à nous équiper en chauffe-eau solaire,
à
isoler thermiquement notre logement, à ne faire chauffer nos
radisateurs
que dans les pièces qui sont occupées, à nous
chauffer
avec de l'électricité produite par des centrales
nucléaires
etc. Tout cela est
développé
ici.
- Pour un ménage, ce programme coûtera en plus chaque année 20 €, 50 €, 100 € ? 20 à 30 euros et peut-être rien du tout Avec une consommation de
1000 litres
de carburant par an (par exemple 15 000 km à 7 litres au cent)
et,
pour le chauffage, l'équivalent d'un mètre cube de
fioul, par rapport à 2005, l'augmentation du prix de
l'énergie
(1 ou 1,5 cme d'euro par litre, chaque année) si elle
était
étalée
régulièrement sur 30 ou 40 ans, se traduirait par une
augmentation
des dépenses de 20 à 30 euros chaque année, en
monnaie
constante.
Même sans une politique volontaire de diminution de nos
émissions,
ces dépenses augmenteront de toutes façons à cause
de la hausse du prix mondial du pétrole. Si un emploi sur sept
emplois
générés par ce programme est une création
nette
d'emploi, l'augmentation des revenus compensera le surcoût du
programme. Tout
cela est développé ici.
Pour diviser par trois les émissions de gaz cabonique, la décision dépend .... de l'Etat et des communes Aussi curieux que cela puisse paraître,
le phénomène
de l'effet de serre est on ne peut plus "mondial" et les moyens de
réagir
sont on ne peut plus "locaux" : construire les maisons
près
des gares, faire des pistes cyclables, faire vivre des transports
en commun, faire des réseaux de chaleur : voilà qui est
de
la responsabilité des communes et de leurs groupements.
Décider
de faire monter le prix de l'énergie, c'est une décision
de l'Etat. Les Britanniques ont créé des péages en
ville,
les Allemands mettent de lourds péages sur leurs autoroutes, les
Suédois augmentent l'impôt sur l'énergie : ce sont
des décisions de l'Etat. Fixer la capacité de production
d'électricité nucléaire est aussi une
décision
d'Etat.
Une action de la France toute seule ne servirait à rien : c'est FAUX Evidemment, cela ne changera pas la
température
! Mais la France deviendra alors à peu près autonome en
énergie,
créera des emplois qui n'iront pas en Europe de l'Est ou en
Chine,
et cela dans tous les secteurs (BTP, réseaux de chaleur,
agriculture
et sylviculture, usines de bio-carburant, centrales nucléaires
etc.).
Et, disons-le aussi, la France donnera ainsi l'exemple, avec les moyens
qui sont les siens : pas beaucoup de soleil mais de la biomasse et son
expérience du nucléaire. Cela la mettra en très
bonne
position dans les relations internationales. Bien sûr il vaudrait
mieux une action coordonnée avec celles des pays voisins,
surtout
pour développer des véhicules bi-énergie : un bon
cas de "coopération renforcée" (pour plus de
développements voir
ici ). Allons plus loin : depuis la signature du protocole de
Kyoto,
concrètement, il ne s'est presque rien passé. Le
mouvement
ne pourra venir que de l'initiative de quelques pays, évicemment
seuls dans un premier temps ! Après le discours du
président
à Johannesburg, on peut dire que le
monde attend la France.
Une action de la France seule diminuerait notre compétitivité : c'est FAUX Pour être efficaces, il faut que tous
les Français
diminuent un peu leurs émissions en adaptant leur consommation
d'énergie
; cela n'a aucun effet sur la compétitivité de la France.
Mais les entreprises soumises à la concurrence internationale et
les grands transports routiers doivent avoir de l'énergie au
prix
international. Pour plus de développements voir
ici .
Diviser par trois les émissions de gaz carbonique pèsera sur l'économie française : TRES PEU (ou pas du tout, peut-être) Avec ce programme de diminution des
émissions,
il faudra dépenser davantage pour faire des voitures
bi-énergie,
produire du biocarburant, isoler nos logements, faire de la culture
intensive
de bois etc. Pour l'économie française, les
dépenses
pour se procurer l'énergie ou pour l'économiser seront
donc
dans 30 ans un peu plus élevées que sans ce programme
mais
la différence est très faible : si le prix du
pétrole
est de 50 $/bl, la différence, dans 30 ans, sera
inférieure
à 1 ou 1,5 % du PIB (pour plus de développenments voir
ici) . Mais, avec les créations d'emplois, cette
augmentation des dépenses pourrait être compensée
par l'augmentation d'activité de sorte que l'effet sur le
pouvoir d'achat disponible pour autre chose que l'énergie serait
nul.
Avec un programme de division des émissions par trois en trente ans, dans quinze ans celles-ci auront diminué : FORT PEU Dans ce scénario, de fortes
décisions sont
prises dès maintenant et ces mesures auront comme effet de
diviser
par trois nos émissions en trente ans, mais, si la hausse du
prix
de l'énergie fossile est progressive, d'ici quinze ans, nos
émissions
n'auront guère diminué. Nous nous serons
préparés
pour
de belles "bascules" dans les années suivantes : biocarburant ou
électricité à la place du carburant
pétrolier,
solaire, bois et électricité à la place du gaz ou
du fioul etc. Pas de diminution avant quinze ou vingt ans ? Cela pose
de
jolies questions pour les prochaines négociations inernationales
! Tout cela est développé ici.
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- Tout cela est expliqué dans l'article de la Revue de l'Energie
- on peut voir aussi la présentation synthétique du scénario de division par trois des émissions de gaz carbonique avec un tableau
- et les notes brèves sur des sujets controversés : éoliennes, nucléaire, production d'électricité avec des énergies renouvelables, rôle de la réglementation, la hausse du prix est-elle politiquement possible : le rôle des associations ; la France doit donner l'exemple : qu'est-ce à dire ? La bonne capacité électrique nucléaire
- voir aussi d'autres propositions avec d'autres approches, les points de consensus (très nombreux) et les points de divergence (peu nombreux), la question qui doivent être étudiées.
- voir comment
convaincre
et au aussi : la France peut agir seule et y a
intérêt
- voir aussi "Trop de pétrole !"
- Le Seuil, janvier 2007.
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