Conférence 21OO N°84
La Bataille pour l’esprit
Par Gérard Huber,
Psychanalyste, Ecrivain, Professeur à l'Institut d'Études Juives Élie Wiesel,
Président du Club "Santé Solidarité" (Prospective 21OO).
Mercredi 1er octobre 2008 à 17h45 à l'ISEP - 28, rue Notre Dame des Champs - Paris 6ème

Présentation

S'il est bien une question prospectiviste, c'est celle de l'esprit. Qu¹est-ce qui nous prouve que, dans vingt ou trente ans, nous ne serons pas pareils aux âmes mortes de Gogol dont, cette fois, la technique aura tiré bénéfice pour s¹épanouir, pour qui, pour quoi ? Cette question doit être posée de manière réaliste, à un moment où la technique rejoint l'acte. Freud concluait "Totem et Tabou" sur le vers de Goethe : "Au commencement était l'acte" (Faust I, v. 1238), ce qui signifiait que nous vivons toujours dans son après-coup. Or, lorsque la technique oblige à l'acte, elle pousse à la croyance en une dissolution de l'après-coup et en une remontée d'avant l'acte. Perspective du Surhomme nietzschéen s'il en est. À cette nouvelle étape du Tragique qui, contrairement à toutes les autres QUI se nient comme telles, correspond un risque majeur : la croyance en l'obsolescence de l'esprit. Mon propos est donc de poser la question de la préservation de l’esprit.
Je n'ignore pas qu'on peut opposer à cette problématique le foisonnement des activités dites "spirituelles" (retour à la religion, nouvelles croyances etc.) ou bien la conviction qu'une telle question est insoluble, parce qu'elle n'existe pas. Mais, toutes les croyances qui visent une psyché de masse sont "acritiques". Par ailleurs, contrairement à ce qu’affirmait Marx, ce n’est pas seulement quand l’humanité peut  résoudre des problèmes qu'ils existent, ni quand elle peut les résoudre qu¹elle se les pose. Pareils fantasmes d’omnipotence ont conduit l’économiste à promouvoir la dictature politique du prolétariat, et l’on sait où cela a mené. Non, les problèmes que l¹humanité se pose n’ont pas d’âge. Ce qui veut dire qu’elle ne se pose que des problèmes qu’elle ne peut pas résoudre immédiatement. Le développement du cerveau de l’homme a rompu l’équilibre environnemental dans lequel son animalité était installée. Ce serait un désastre de réduire les capacités cérébrales et psychiques à leur plus simple expression ; il faut au contraire les développer et les consolider. L’erreur est ici de croire que ce renforcement n’est qu’un acte religieux ou technique. En fait, pour le cerveau-psychisme, cela consiste à modifier l¹identité qu’il s’est donné auparavant, en prenant en compte tous les composantes qui font qu’il fonctionne et sans lesquelles il ne fonctionne pas, ni comme cerveau, ni comme psychisme. Il s’agit des perceptions, émotions, fantasmes, délires et des jugements de réalité. Bien sûr, il est plus compliqué d’appréhender les problèmes en ayant essentiellement à l’esprit le sens de la souffrance, celle-là même qui accompagne toute survie, mais, sauf à croire en l’illusion que l’être humain vivra un jour sans souffrance, c’est la seule possibilité pour qui veut ne pas vivre comme une âme morte.

Le texte de la conférence par l'auteur, Gérard Huber :

Que même le Collectif Urgence-Darfour ne se soit pas aperçu que, lors de sa conférence de presse du 24 avril 2008, le Président Sarkozy avait dit cette énormité : « la Chine aide le monde dans la crise du Darfour, pour éviter le drame », voilà qui met en évidence le travail et la puissance du négatif dans la conscience contemporaine. Pour comprendre ce qui est fondamentalement en jeu dans ce double déni, du connu par le Président, et de l’entendu par l’organisation humanitaire[2], comme dans tous les autres dont je ferai état dans cet article, il faut se placer en dehors de l’idéologie. Il s’agit de questionner le rapport de la conscience à la réalité géopolitique dans la vie quotidienne. Le face-à-face avec le vif - ici les massacres de 300.000 personnes, selon l’ONU, au Soudan - est-il possible ? Si oui, le discours peut-il aller au-delà de la sincérité jusqu’à la vérité ? Si non, l’avouer-faux est-il préférable au « mentir-vrai » ? Si oui, qu’est-ce que cela implique d’une emprise sur la réalité ? Enfin, la psychanalyse a-t-elle quelque chose à dire, et si oui, quoi ?

La réalité géopolitique contemporaine

Elle est indissociable de sa représentation sur une double scène intérieure : celle de l’ici-maintenant où je suis engagé sous l’emprise des pulsions d’auto-conservation et de pouvoir (moi, famille, amis, culture, peuple, état, continent…), celle du là-bas maintenant, où je me projette sous l’emprise des pulsions d’amour et de haine (autres, tribus, totems,…). La signification idéologique et politique que jadis je donnais aux événements qui se produisaient en dehors de moi a fait long feu. Il n’y a plus de discours idéologique qui, au nom d’un savoir, puisse affirmer qu’il a la légitimité de se dire capable d’expliquer le monde, ce monde même dont il se donne l’alibi d’être le témoin. Cette disparition, qui ne date pas d’hier et qui a été obsessionnellement contre-investie, comme si l’histoire avait encore un sens, correspond à l’avènement du « village mondial », lequel oblige en permanence ce qui reste de la conscience idéologique à constater sa propre obsolescence. Nous en avons fini avec le monde de Candide. Malgré sa fugitive pertinence, même le discours de Voltaire appartient au passé. Nous vivons vraiment dans un entre-deux de la schize qui ne cesse de s’élargir en se démultipliant, et qui rend dérisoires les approximations entreprises pour réunir à chaque fois les deux parties clivées dans une même unité de conscience.  

« Dérisoires » est, en effet, le terme, lorsque nous constatons qu’il y va ni plus ni moins que de la capacité de l’homme à se détourner de l’innovation qui prouve qu’il n’est pas une espèce animale : le meurtre intraspécifique. Car, sur la double scène de représentation, il ne s’agit pas que de tremblements de terre à Lisbonne ou à Pékin, ou de cyclone à Rangoun, mais d’entreprises délibérées de la part d’hommes qui visent à massacrer, voire à exterminer d’autres hommes. C’est-à-dire d’une image de l’homme qui se reflète dans l’image de son autodestruction. Non seulement la thèse de la destruction comme cause de devenir promue par Schumpeter, sur le plan économique, et par Spielrein, sur le plan psychique, est balayée par l’effacement même de l’idéologie téléonomique du sens de l’histoire collective et personnelle, même si elle sert encore aujourd’hui d’alibi pour mettre en œuvre de pseudo-thérapies de l’état du monde et de la personnalité, mais encore elle arrive à destination : le devenir de soi comme détruit.

« Mentir-vrai » et « avouer faux »

En soi, le travail du négatif qui s’exprime sur la réalité du lieu même de l’inscription de la conscience contemporaine dans cet entre-deux qu’elle ignore est capable d’une très grande distinction. Car, sauf lorsque, asservie à l’idéologie, elle « ment-faux », ce qui arrive encore dans les sociétés de moins en moins nombreuses qui sont dominées par un État despotique, la conscience évolue sur la palette d’infinies nuances entre le « mentir-vrai » et l’« avouer-faux » qui rendent les mêmes services au pouvoir politique, mais qui sont les formes d’achèvement du discours des sociétés de plus en plus nombreuses qui trouvent leur légitimation dans l’État démocratique. Il ne s’agit plus de faire croire, comme jadis Rome, le Vatican, l’URSS ou le Troisième Reich, mais de faire illusion. Car l’illusion demeure une donnée vitale, même quand sa dimension ludique auto-créatrice et auto-thérapeutique est recouverte par le cynisme qui espère avoir raison du cauchemar médiatique. La démission devant la vérité est masquée par l’apologie de la sincérité. Dire la vérité est vécue comme le tir d’une flèche par un archer - soi-même, le plus souvent, mais ce peut être aussi l’autre dont la présence est un objet permanent de conscience  -  sur soi-même. L’homme détruit ne souffre pas d’être déconstruit. Le moindre démenti, le moindre aveu, le moindre désaveu - mais peut-il y avoir un désaveu qui soit moindre ? – est immédiatement référé à l’effondrement : de soi, de sa communauté, de son peuple, de son État. Il ne peut plus y avoir de discours critique, car celui-ci est immédiatement interprété comme visant le renvoi de soi-même à son image comme détruit. Un spectre hante le discours : celui de l’auto-dissolution. D’où l’immédiat renforcement de la position paranoïde : vous prétendez vouloir m’apprendre quelque chose, mais je sais bien que vous voulez ma perte. Je ne saurais donc souffrir de ma sincérité, celle qui consisterait notamment à reconnaître les limites de ce que je dis, et somme toute, de moi-même, sans en souffrir jusqu’au sens même de mon existence.

Le négationnisme ontologique

Pas seulement de pouvoir, mais d’existence. S’il en est ainsi c’est que chaque être humain garde désormais en mémoire que l’extermination massive d’êtres humains est programmable par la conscience, non seulement à partir des pulsions que la technique sert, mais à partir d’elle-même comme clivée. Jusqu’au vingtième siècle, les massacres de masse qui ont parsemé l’histoire étaient le résultat d’une conscience qui, certes, discriminait les vivandi et les morituri, mais dans la mesure où les morituri étaient perçus comme extérieurs aux vivandi, pour des raisons religieuses, philosophiques, politiques, pour s’emparer de territoires ou pour se défendre. C’était d’ailleurs encore le cas de l’extermination des paysans en URSS ou des explosions nucléaires que les Etats-Unis ont provoquées pour anéantir les habitants d’Hiroshima et de Nagasaki.

Mais, l’effort de la conscience contemporaine a été, parallèlement, d’inventer le négationnisme ontologique, c’est-à-dire le déni de l’existence de l’autre, après l’avoir introjecté comme réalité à l’intérieur de soi. Sous l’emprise d’un retournement hallucinatoire, elle s’est persuadée que les morituri étaient des êtres qu’elle devait mettre en conformité avec leur essence de non-être. L’exemple philosophique le plus frappant fut celui du Troisième Reich et de son représentant philosophique posthume, Martin Heidegger. Celui-ci omit de dire que les victimes qui avaient été massacrées dans les chambres à gaz et brûlées dans les fours crématoires des camps de la mort l’avaient été parce que la conscience allemande - et Heidegger lui-même qui servit le nazisme - tenaient les Juifs pour des êtres innommables, n’étant pas, dans leur essence, des mortels. Le déni collectif des Allemands qu’en un sens, ce philosophe a représentés, a consisté à dire qu’ils avaient de bonnes raisons pour ne pas parler du massacre des Juifs, étant donné que, ceux-ci n’étant pas vivants, ce massacre n’avait pas lieu. Ce « mentir-vrai » qui consistait à justifier le mensonge sur fond d’adhésion sincère à une vérité qui était un délire de confusion entre la vie et la mort, a, pendant la Shoah, été rejoint par l’« avouer-faux » du Vatican qui combattait la mauvaise foi, en prétextant du bien fondé du nouveau cours de l’histoire de l’Église, et ce, en dépit de l’éradication du judaïsme par les nazis, jusqu’à, peut-être, dans l’hypothèse où le nazisme eût triomphé, admettre que le Saint-Esprit était devenu nazi.

Or cette ligne de démarcation ontologique qui se donne des styles de discours variés allant du « mentir-vrai » à l’« avouer-faux » a été partout à l’œuvre dans le monde post-nazi : au Cambodge, au Rwanda. Elle l’est à présent au Soudan.

Existe-t-il une « pulsion génocidaire » ?

La question que ce retournement hallucinatoire pose est la suivante : existe-t-il quelque chose que l’on pourrait appeler « pulsion génocidaire » dans la constitution psychique de l’être humain ?  C’est une question redoutable, puisqu’elle porte aussi sur la prospective de l’humanité. La conscience commune a tendance à répondre positivement. Lorsque, sur cette question, la pensée se résume au « Jamais plus ça », elle fait incontestablement référence à cette idée que n’importe qui peut devenir exterminateur. Cette autre figure du négatif (« jamais plus ») s’explique dans un contexte que j’appelle « post-nazi », où la conscience est balisée par deux identifications : à l’exterminé et à l’exterminateur. Lorsque le Goncourt est décerné au Le Dernier des Justes, ce qui est en jeu, c’est l’identification à l’exterminé. Mais, lorsqu’il l’est aux Bienveillantes, c’est l’identification à l’exterminateur qui tient le haut du pavé. Schwartz-Bart et de Littel occupent l’un et l’autre une place antithétique dans le travail du négatif qui domine la conscience contemporaine, mais ce travail est un passage obligé, si la conscience veut revenir du néant où l’a reléguée le triomphe du négationnisme ontologique. C’est une affaire de signification. Certes, les vivandi continuent de vivre, mais ils doivent se confronter à une reformulation de leur être-là qui doit nécessairement s’arracher à leur réduction au statut de morituri qui aurait triomphé si l’entreprise d’extermination des Juifs, des Tziganes et des Slaves avaient été menée à son terme. Un terme sans terme qui aurait fini par passer au crible de son délire l’humanité tout entière.

Or ce double travail d’identification sans lequel nul ne peut être intimement convaincu qu’il n’a rien de commun avec le délire exterminateur est extrêmement troublant. En effet, il risque de donner crédit à l’existence d’une pulsion de meurtre qui prendrait tel groupe humain, puis le genre tout entier pour objet. Intuitivement, la conscience sait que l’extermination fonctionne comme post-introjective. Il y a d’abord eu reconnaissance, puis intériorisation, voire rêve de fusion, après quoi il y a eu détournement du vivant puis rejet non seulement à l’extérieur, mais jusque dans la mort, par le meurtre.

Dans Ce quelque chose de juif qui résiste[3], j’émets l’hypothèse que la « pulsion génocidaire » est un destin de la pulsion de meurtre qui survient chez le paranoïaque qui ne se tue pas, mais diffère le suicide en construisant une image de son genos comme détruit et en s’y identifiant. Je conçois aisément que cette observation est à discuter, car on peut ne voir qu’un fantasme dans ce que je dis être une pulsion, mais ce qui me paraît essentiel à comprendre, c’est que, même si ce n’est qu’un fantasme, quelque chose de pulsionnel peut lui permettre de passer à la réalité. Pour autant, et précisément parce que c’est un avatar possible et nullement obligé de la pulsion de meurtre, la pulsion génocidaire n’a aucune place dans le développement normal de l’individu (principalement de l’enfant). Elle n’est donc pas originaire, mais construite chez l’adulte dans un certain contexte à la fois personnel et politique. Il ne suffit pas d’être un homme de la rue pour devenir nazi ou islamiste. Encore faut-il être domestiqué par un cruel désapprentissage de l’empathie et de l’analogie pour l’autre. C’est ce que démontre, aujourd’hui la multiplication d’auteurs d’attentats-suicides qui, dans les sociétés musulmanes, sont dressés dans la rupture métaphysique avec le Coran. Ce point est essentiel. Car en voulant à tout prix élever l’enfant et éduquer l’adulte dans le « plus jamais ça ! », une idée qui ne leur vient jamais spontanément à l’esprit, et dont ils ne savent que faire quand on leur en parle, la société occidentale fait tomber leurs défenses naturelles et facilite leur sensibilisation à l’idée qu’il existe une pulsion génocidaire qui commence par la mise à mort de soi.

Le tragique à l’âge de la démocratie

En faisant tomber ces défenses, la conscience s’aliène au tragique. Contrairement à ce que disent les politiques qui ignorent tout de la différence entre guerre et barbarie, ce n’est pas le principe de réalité qui organise la réalité géopolitique quotidienne, mais le principe du tragique qui croit en l’indistinction entre les morts et les vivants. C’est d’ailleurs pourquoi Israël joue un rôle si important sur la scène du monde. L’idée d’une résurrection de l’exterminé ne peut être déconstruite que de l’extérieur du double champ identificatoire dont j’ai parlé. Tant que ce travail sur le fantasme et sur le négatif qu’il génère n’est pas fait, la perception d’Israël est de nature quasi-schizophrénique (au sens où, dans les années 60, Devereux annonçait, dans la crainte, l’avènement d’une schizophrénie généralisée). L’exterminé est perçu comme exterminateur. Il ne dispose pas de ces qualités humaines qui font progresser l’esprit et la société, ni celles qui font se tromper et se corriger. Même lorsque, comme chez Badiou, l’identification à l’exterminé fonctionne sans limites, au point que le signifiant « juif » est déclaré vide de toute signification, celle-ci finit toujours par retrouver du contenu en tant qu’identité de l’exterminateur.

Les psychanalystes, ou, du moins, nombre d’entre eux qui se prétendent tels, doivent aussi entreprendre ce travail, s’ils ne veulent pas servir d’alibi au tragique qui vient. Mais, comme le cordonnier qui est toujours le plus mal chaussé, ils ne sont pas forcément les mieux placés pour le faire.

La preuve : l’ouverture des Seconds états généraux de la psychanalyse, organisés par René Major et Elisabeth Roudinesco à Rio de Janeiro, en 2003. Tariq Ali[4] commence par amuser son auditoire, puis, l’invitant à prendre conscience qu’il ne peut « dissocier complètement l’acte de kamikase de la réalité de l’occupation », il en appelle à Avraham Burg comme témoin de sa probité, avant que de faire à nouveau rire l’auditoire en  évoquant un petit enfant urinant sur la tête d’un soldat. Le huis clos est créé. Le transfert aussi. Non seulement sur lui, mais sur la Palestine. Les ressorts du tragique ? Un colonel Israélien aurait affirmé que les Israéliens seraient prêts à utiliser les mêmes tactiques que les Allemands ont utilisées dans le ghetto de Varsovie.

Comme un somnambule qui évite le mur, Ali vise la délégitimation psychanalytique définitive de l’État d’Israël.

Quand on pense, affirme-t-il, que des gens qui ont été eux-mêmes torturés, massacrés, assassinés, font ça à un autre peuple ! La preuve ? Ces enfants, ces jeunes garçons tués par ce qu’il appelle « la soi-disant armée de défense d’Israël »,  ne seraient jamais tués parce qu’ils ont reçu une balle dans le bras ou une balle dans la jambe, mais une balle dans la tête. « Toujours, ou dans 90%, ce sont des balles dans la tête ». D’où cette indignation finale : Si des enfants sont visés de cette façon, pourquoi le monde est-il silencieux ? Pour les officiers israéliens, les Palestiniens sont des « Untermensch ». Succès garanti. Il est chaleureusement applaudi et remercié[5]. La communauté psychanalytique du déni de réalité de la guerre israélo-palestinienne pourra ainsi se constituer, un moment, autour du repas totémique d’un soi-disant Freud anti-sioniste retourné contre le vrai Freud juif.
 
Conclusion

Pour prendre conscience du déni de la réalité, il faut le courage moral de traverser le traumatisme qui consiste à la voir telle qu’elle est. Une fois cette tâche réalisée, les jeux de l’amour et du hasard reprennent l’initiative. La juste mesure s’installe, l’empathie se donne libre cours.  

 

[1] Écrivain, psychanalyste, auteur de nombreux essais de psychanalyse et de philosophie, dramaturge.

[2] Fort heureusement, à la suite de mon intervention auprès d’un ami, Urgence Darfour a réagi, mais huit jours plus tard, par le texte de son Président Jacky Mamou, : « Non, monsieur le président, dans la crise du Darfour, la Chine n’aide pas le monde pour éviter un drame ! », (http://www.urgencedarfour.info/index.php?module=Pagesetter&func=viewpub&tid=10010&pid=23).

[3] Les Éditions du Bord de l’Eau, 2008, p. 112.

[4] Fils d'un communiste pakistanais, réfugié à Londres après la prise de pouvoir des militaires, diplômé d'Oxford, Ali fut l'une des figures marquantes du mouvement de mai 1968 en Grande-Bretagne, et devint par la suite un des responsables de la IVème Internationale. Auteur de romans, de pièces de théâtre, d’essais et d’ouvrages philosophiques, il dirige aujourd’hui la New Left Review, principale revue théorique de gauche en Angleterre, et les éditions Verso, qui publièrent les traductions de Sartre, Walter Benjamin, Foucault, Derrida, Althusser, Régis Debray…..

[5] Fabio Landa, in « « Le pire ennemi de la psychanalyse » : sur la propension contemporaine à se laisser confondre », in Revue Les Temps Modernes, 2004; 59 (627), pp. 255-273.