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Conférence 2100 n° 93

LA BATAILLE POUR L'ESPRIT seconde intervention Où vas-tu ? Qu'est-ce que j'en sais ! Répond la crise.
Demande à la pulsion de mort.

Par Gérard Huber,
Écrivain, psychanalyste, dramaturge, Président du club « Santé Solidarité » de PROSPECTIVE 21OO

11 Février 2009 17h45 à L'ISEP


 
Notre rapport à l’économie se veut post-Keynésien, mais John Maynard Keynes (1883-1946) avait oublié la mort dans son panorama pulsionnel freudien.
L’autoanalyse individuelle et collective à laquelle l’homme-foule est désormais confronté ne peut avoir lieu, si elle fait l’économie d’un travail psychique qui intègre la pulsion de mort comme une donnée dont les avatars expliquent les manifestations de meurtre et d’autodestruction qui sont si fréquentes aujourd’hui, et dans tous les domaines qui vont de l’âme à l’homme et de l’homme à la vie sur la terre. Le souhait de transformer la destructivité en cause de devenir, institué comme une clef universelle par Sabine Spielrein (1885-1942), sur le plan psychique, et par Joseph Aloïs Schumpeter (1883-1950) sur le plan économique, a révélé qu’à la fin, c’est la mort qui l’emporte. Devenir-suicidé de l’homme, devenir-mort de la technique,.
Pour autant, il n’y a pas lieu d’être pessimiste pour faire surgir l’optimisme, car la pulsion de mort est inséparable de son intrication avec la pulsion de vie. Dans sa version la plus constructive, comme celle de Claude Lévi-Strauss, le pessimisme est une déclaration de croyance en une domination de la mort sur la vie, dans l’espoir que cette stratégie de communication aboutira à l’inversion de la relation. Or la prise de conscience de la mort n’a rien à voir avec un projet anthropologique, elle ne peut que résulter d’un travail psychique auto-organisationnel qui donne à la mort d’autres manières de s’exprimer que celles d’être l’objet d’un déni, d’une phobie, ou bien encore une force de destruction et d’autodestruction. Tel est le grand œuvre de la pulsion de vie passée, présente et à venir.
La paix est réalisme, à condition que l’esprit accède vraiment à la réalité et non à son substitut, issu de la croyance en la toute-puissance des idées.