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"Rencontre sur l'utopie" N° 29
LE SOUCI DU BIEN COMMUN
par Philippe J. BERNARD, Président du Club Utopies
Mercredi 10 décembre 2008, 17h45 à 20 h
A l'ISEP (Institut Supérieur d'Electronique de Paris)
28, rue Notre-Dame des Champs, Paris 6ème


Nous vivons en des temps démocratiques, ce qui veut dire
(1) un Etat de droit, avec une pratique constitutionnelle et des protections pour les citoyens ;
(2) la puissance de l'opinion.
Lorsque ces deux caractéristiques sont réunies se dessine l'image d'une société qui pourrait être dite bonne, et où règne le souci du bien commun. Cependant, la division des tâches et des positions rend délicate l'application de cette idée. La société moderne a en fait deux caractéristiques, qui les opposent à la cité d'Aristote : les hommes y sont tenus pour tous libres et égaux ; et il s'agit, de plus en plus, d'une société « ouverte » aux autres cités et nations. Ces deux caractéristiques constituent des principes, que l'on voit tous les jours à l'œuvre. On peut même parler d'utopies rivales.
La première est l'utopie des droits. Rendre effectifs les droits de l'homme doit rapprocher de la société bonne dont nous avons l'idée. La seconde est l'utopie de l'harmonie des intérêts. Sa genèse et son application ont affaire essentiellement à l'économie : la poursuite par chacun de son intérêt aboutit à un optimum, mais elle a aussi sa portée politique. Prises séparément, ces utopies conduisent à des impasses. Il importe aujourd'hui de rétablir dans son unité l'utopie moderne.