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Les tendances 2004-2005

Par Michel Cartier
www.michelcartier.com

Voici des réflexions destinées aux décideurs, autant des secteurs publics que privés, pour la saison 2004-2005.

Il n’est pas facile de prévoir l’avenir, même à court terme, parce que nos prévisions ne s’appuient généralement que sur des analyses technologiques. Par exemple, nous n’avons pas encore compris pourquoi le raz de marée du Web s’est terminé par l’implosion de la bulle boursière (par manque de modèle économique !). À l’avenir, nous devrons accompagner chaque analyse technologique d’une étude de ses conséquences sociales et économiques, surtout depuis le 11 septembre 2001.

Le contexte

Nous devons réaliser que nous vivons une rupture sociétale qui nous fait basculer dans une société sans mode d’emploi ; tous les acteurs, autant les citoyens que les décideurs, perdent leurs points de repères. Voir dans www.michelcartier.com le dossier Rupture.

Cependant, nous sentons intuitivement que nous allons vivre dans une autre société où les technologies d’information (téléviseur, ordinateur et Internet) vont jouer un rôle prédominant. Mais, derrière le développement de ces technologies se cachent des conséquences socio-économiques qui modifieront notre monde occidental. Aussi, devons-nous identifier ces conséquences pour préparer nos actions, car ces conséquences sont les mécanismes de notre développement à long terme.

Pourquoi 2004-2005 ? Si 1995-2000 fut une période tumultueuse, en revanche, après l’an 2000, nous amorçons une descente, puis à partir de 2003 une remontée. Nous ne sommes plus en récession mais en réorganisation ; la saison 2004-2005 sera un point tournant pour plusieurs raisons :

• La fin des décisions orientées vers les profits à court terme et le début des réflexions axées sur le développement à long terme.
• Le début d’une guerre des prix, donc des clientèles, entre le monde sophistiqué du Web (hautes vitesse et fidélité) et le monde de la simplicité et de l’instantanéité du mobile et de l’électronique grand public (les hand-held et smart devices).
• L’émergence du pouvoir d’achat des adolescents et des enfants pour qui l’Internet est un environnement naturel.

Cinq tendances et leurs conséquences

1- Le nouvel Internet
Depuis deux ans toutes sortes de techniques convergent vers l’Internet : à présent, le téléviseur et le PC dialoguent, les téléphones envoient des photographies via le Web, les camions peuvent recevoir des courriels sur la route tandis que les étiquettes deviennent « intelligentes » .

Conséquence 1-a
Le vieux rêve d’intégrer « voix-données-images » commence à se réaliser. Cette intégration facilitera la création de nouvelles applications comme la diffusion de photographies familiales ou l’achat de chansons à la pièce, via Internet. Un nouvel élan économique s’offre aux promoteurs de l’industrie du contenu qui sauront identifier les nouveaux créneaux que permet cette intégration.

Conséquence 1-b
Ces convergences feront glisser les industries des services vers celles des self-services. Elles forceront les promoteurs actuels, confortablement installés derrière leur loi de l’offre, à répondre dorénavant aux lois de la demande ; ceci exigera de leur part un important changement de mentalité. Les gagnants seront ceux qui seront capables de s’adapter aux besoins des nouvelles clientèles interactives, par exemple qui réorganiseront leur marketing (un marketing de proximité) ou leur publicité (une refonte de leur assiette publicitaire).

Conséquence 1-c
Non seulement le nombre d’utilisateurs augmentera-t-il considérablement durant cette période (800 millions ?), mais peu auront été formés à la N’Étiquette (code de communication d’Internet). Aussi, les questions de sécurité deviendront-elles un handicap économique majeur, si rien n’est fait (multiplication de spams, des virus et des vols d’identités).

2- L’électronique grand public
Actuellement, on assiste à une forte émergence de l’électronique grand public (consumer electronics) : caméra numérique, imprimante photo, phone-cam, e-book, lecteur MP3, ordinateur-jouet pour enfants, etc.

Conséquence 2
Cette électronique permet la conquête de nouvelles clientèles liées à une activité verticale comme la famille ou les loisirs. Cela signifie la création d’une masse critique plus importante de téléconsommateurs qui rendra possible le financement de certaines de ces applications verticales, possiblement « peer-to-peer » .

3- Les images écran
Actuellement, on installe des écrans partout : sur les montres ou les téléphones, jusque sur la place publique ou dans le métro. La tendance des ordinateurs à deux écrans ou des maisons à plusieurs écrans est à la hausse .

Conséquence 3
Longtemps, le modèle d’accès à la connaissance a utilisé la lecture d’un texte sur papier, aujourd’hui avec l’utilisation d’autant d’images écran, une civilisation de l’image interactive émerge. Elle changera considérablement la culture (les habitudes de communication) et l’économie (les habitudes de consommation), d’autant que ce modèle d’accès à la connaissance, via des images écran « made in USA », est devenu naturel pour les jeunes du monde entier.

4- Le mobile, le Wi-Fi et le GPS
On assiste à une banalisation du mobile (téléphone cellulaire et Wi-Fi) et aussi des appareils GPS (révélant leur position aux chasseurs, automobilistes et navigateurs) .

Conséquence 4-a
Beaucoup d’applications vont devenir géostratégiques, c’est-à-dire qu’elles devront dorénavant tenir compte d’un territoire-marché circonscrit, alors que les pionniers de l’Internet croyaient que nous allions habiter dans un vaste territoire sans frontière : le cyberespace. La combinaison du mobile et du GPS avec la nouvelle génération de moteurs de recherche, développera les niches. Celles-ci deviendront la base d’un e-commerce, non pas grand public mais bâti autour de publics thématiques et circonscrits géographiquement. Les promoteurs gagnants seront ceux qui implanteront ces niches sur plusieurs territoires en réduisant leurs investissements et leurs prix ce qui exigera la maîtrise de l’architecture briques et clics .

Conséquence 4-b
Actuellement, les cartes et les disques mémoire sont relativement petits (2.5 pouces) stockant des mégabits d’informations, mais dans un ou deux ans, ils seront encore plus petits (1 pouce) et capables d’enregistrer des gigabits à des coûts encore plus bas. Le potentiel du mobile, lié aux coûts de la mémoire et aux facilités d’accès aux contenus, ne commence qu’à prendre son essor. Quels marchés nouveaux émergeront ? Un autre secteur technologique, les « smart radios » vont aussi faire émerger de nouvelles applications mobiles, lesquelles ?

5- Le nouveau Web (à ne pas confondre avec le nouvel Internet)
Un Web sémantique combiné au Web schématique deviendront beaucoup plus intuitifs, pouvant ainsi attirer les nouvelles clientèles en attente et ainsi relancer le prochain bond économique (dans deux ou trois ans ?).
Voir dans www.michelcartier.com le dossierWeb de troisième génération.

Conséquence 5-a
Les recherches de nouveaux algorithmes sémantiques (grâce aux industries de la langue) et schématiques bouleverseront les architectures actuelles de l’information et créeront une nouvelle génération de moteurs de recherche, le tout étant amplifié par le courant « OpenSource ». (Voir la guerre actuelle dans ce domaine-clé du royaume de la connaissance).

Conséquence 5-b
En offrant un accès plus rapide et surtout beaucoup plus précis à l’information, ce nouveau Web favorisera l’éclosion des groupes d’intérêts , donc le développement des niches, bases du prochain bond économique.

Conséquence 5-c
Le collaboratif est la possibilité d’enrichir un site Web à l’aide des contributions de ses utilisateurs. C’est ce qui le rendra plus dynamique et pertinent et, surtout, cette valeur ajoutée deviendra l’attrait des nouvelles clientèles, donc la base du nouveau modèle économique.

Les outils à implanter

Les technologies continueront à se développer à un rythme aussi rapide durant 2004-2005, parce qu’elles demeureront encore le principal véhicule de la nouvelle économie. Le principal frein aux changements sera de type sociétal, en particulier les changements de mentalités exigés de la part des décideurs. Pour devenir compétitif, nous devrons nous doter de trois outils essentiels sinon les nouvelles technologies demeureront encore de la pensée magique.

• Un système de veille
Il ne s’agit pas de veille de premier niveau (cueillette) mais de deuxième niveau (synthèse). Ces principaux sujets devraient être : que font les concurrents (surtout les Américains) et quels sont les prochaines normes, les moteurs de recherches, les marchés de l’interactivité et les niches qui émergent ?
Voir dans www.michelcartier.com le dossier Veille

• Un réseau de formation
Développer un réseau intégrant les activités des universités (recherches fondamentales et appliquées), des collèges (formation de premier niveau), des institutions privées (formation spécialisée) et des associations professionnelles (analyses des besoins).

• Une politique gouvernementale
En tant qu’institution, le gouvernement devrait se fixer au moins trois objectifs :
- Développer une administration électronique pour briser la politique des silos où chaque ministère traite isolément des informations appartenant à toute la population.
- Créer un gouvernement électronique pouvant créer des liens collaboratifs entre gouvernants et gouvernés, afin d’offrir une gouvernance locale.
- Devenir un client modèle pour encourager des produits valables, grâce à une politique d’achat éclairée (la question des logiciels ouverts par exemple).


Un nouveau Web émerge
(Une introduction au dossier Le Web de troisième génération)


La relance économique qui se prépare ne pourra se faire que si le Web peut rejoindre de nouvelles clientèles. Parce que celles-ci sont technophobes et avares de leur temps, le prochain Web devra être beaucoup plus intuitif parce qu’il devra gérer l’attention de ces utilisateurs. Il devra structurer les informations de façon à rendre le contenu plus intelligible et ce travail devra être fait par les machines et non pas par les nouveaux internautes. Sans cet accès intuitif, il n’y aura pas de e-commerce, de e-gouvernement, de e-learning, c’est-à-dire d’applications grand public.

Les courants à l’oeuvre

• Le Web sémantique

(Semantic Web, Pedantic Web, XInternet, Navigation accross knowledge communities)
Ce courant veut offrir un meilleur accès aux informations grâce à des algorithmes empruntés aux industries de la langue qui permettent à des machines de traiter automatiquement ces informations. Il veut décrire un contenu en y associant une sémantique à ces descriptions, ainsi que des moteurs d’inférences permettant ensuite de les manipuler. Il se développe depuis deux ou trois ans ; son chef de file est Tim Berners-Lee (W3C)

Le Web schématique
(Visual thinking, information mapping)
Ce courant qui se développe depuis plus de dix ans offre des outils de visualisation de l’information. C’est un courant où il y a peu de théories mais fait beaucoup de recherche d’applications dans biens des domaines d’activités. Ses chefs de file sont Ben Schneiderman et Edward Tuftee.

La nouvelle architecture de l’information
(Gestion de la connaissance, conceptual graphe, knowledge presentation, réseau sémantique, gérance dynamique des documents, document imagining, e-doc)
Ce courant qui se développe autour de la gestion de la connaissance et surtout du concept de graphes conceptuels débouche sur la création de cartes de connaissances. Il se veut une passerelle entre le sémantique et le schématique. Son chef de file est John Sowa (inspiré par les travaux de Pierce).

Les nouvelles applications Web
(Rich Internet applications, portails thématiques)
Ce courant se développe à partir d’essais entrepris par les mégamajors américains qui veulent développer un B2C ou e-commerce grand public. Ses chefs de file sont Microsoft, Oracle, AOL, etc.

Les outils de la nouvelle génération Web
(les nouveaux outils sont en caractères gras)

Web sémantique
Il facilite l’accès à partir du sens du texte et facilite l’analyse
• Écriture du texte
- Texte long
- Texte court : résumé, titre, clip, blogue, etc.
- Texte simplifié et standardisé

• Affichage du texte
- Typographie
- Mise en page dynamique et personnalisée
• Hypertexte

• Moteur de recherche
- Recherches de chaînes de caractères
- Recherches de sens et recherches floues
• Édition automatisée (management du contenu)

- Traduction, idéation, création de scénarios, outil de résumé
- Outils de savoirs partagés (groupware)

• Passerelle entre le sémantique et le schématique
Il facilite l’accès grâce à une logique de l’architecture de l’information
Graphes conceptuels
Visualisation des classifications et des relations
(création d’un passage des listes hiérarchiques
vers les cartes de connaissances)
• Datawarehouse dédié, CRM, etc
.

Web schématique
Il facilite l’accès grâce à une vision d’ensemble débouchant sur une prise de décision
• Rappels mnémoniques
- Couleurs, icones, codes signalétiques, etc.
- Interfaces graphiques (GUI) et dialogue personnalisé
- Photos et illustrations thématiques
- Agents personnalisant les styles (gabarits)
• Tableaux : listes, matrices, tableaux contextuels
• Graphes traditionnels : cartes, réseaux, diagrammes, cartes géoréférencées (GPS)
Cartes de connaissances (génération I et II)
Schémas d’aide à la prise de décisions
Capsules schématiques, schémas de contrôle, tableaux de bord
• Bibliothèques de scénarios de base et grammaire visuelle
• Simulations et modélisations

• Jeux

Web audio

Il facilite l’accès par le sans fil et le mobile
• Synthèse et traduction vocale
• Support vocal à la navigation (portail vocal, voice HTML)
• Contrôle vocal (robotique à distance)

Les défis du prochain Web

• Il n’est plus question d’indexer trois milliards de « pages » et de laisser 600 millions d’internautes chercher leurs informations à l’aide d’un moteur de recherche, mais plutôt de développer des algorithmes capables de traiter automatiquement les questions posées par ces internautes grâce à des fonctions automatisées, itératives et personnalisées.

• Il n’est plus question de traiter des données pour offrir des informations disparates, mais de contextualiser ces informations pour que leur valeur ajoutée deviennent connaissances pour l’internaute.

• Il n’est plus question d’offrir un mode d’accès à la connaissance n’utilisant que le texte mais de mettre à contribution le schéma, c’est-à-dire d’ajouter à l’accès linéaire que permet l’écrit un accès plus intuitif que permet l’accès visuel par le schéma.

• Il n’est plus question d’offrir ces espaces de recherches universels que sont les portails généralistes au grand public, mais d’offrir des espaces de traitement personnalisé, les portails thématiques ou niches et les portails personnalisés du Peer-to-Peer, à des clientèles beaucoup plus ciblées donc beaucoup plus intéressées.

• Il n’est plus question de se demander combien d’internautes utilisent le Web mais quelle utilisation ils en feront. L’élément important n’est plus la quantité que permet une plus grande largeur de bande mais la qualité de l’interactivité, celle-ci favorisant l’appropriation du Web par les utilisateurs (la tendance américaine du empowerment).

• Il n’est plus question d’attirer des millions d’usagers isolés, mais de susciter des interactions entre des groupes d’intérêts et des collectivités de toutes sortes ; cette participation créera le capital de connaissances, fondement de la société du savoir.

Le prochain Web doit répondre au phénomène de personnalisation en adaptant culturellement les sites au profil des groupes d’usagers. On devine que ce Web combinera les quatre courants décrits précédemment :

Web sémantique + Web schématique = Web intuitif


Exemples de Web schématique

On a beaucoup parlé du Web sémantique dans les milieux spécialisés, mais très peu du Web schématique. Voici quelques exemples de visualisation d’informations actuellement sur le Web ; ils se présentent sous la forme de simulations graphiques informatisées sous formes de graphes synthétisant les données et les informations trouvées.

C’est une approche où la souris n’est plus seulement guidé par le texte mais par l’œil.


www.kurzweilai.net
Voir /brain /frame.html
• Un site dédié à l’intelligence artificielle (ai) par le chercheur Kurzweil.
• Emploi de carte de connaissance dynamique.

www.telegeography.com
Voir /Maps /Ressource directories /Global Internet Geography
• Un site dédié à l’analyse statistique de l’utilisation des télécommunications.
• Utilisation de cartes géographiques.

www.smartmoney.com
Voir / Diagrammes avec choix dynamiques / Market Map 1000
/Products /Mind Manager Viewer /Map Gallery
• Site consacré au Visual Thinking par l’entreprise et le logiciel Mindjet.
• Site consacré aux fluctuations de la bourse (grâce à des comparaisons visuelles).

www.plumbdesign.com
Voir /Selected Works /ThinkMap
• Utilisation du logiciel Thinkmap sous formes de cartes de connaissances.
• Nombreux textes expliquant les fondements du Visual Thinking.

www.idleworm.com
• Un site Web anglais dédié aux enfants, expliquant la Gulf War 2 à partir d’icones, de symboles et de bandes dessinées.
• Schémas dynamiques décrivant diverses situations (Animation Flash).

www.eastgate.com/Thinderbox
• Logiciel de création et de gestion d’idée, une forme d’aide à la scénarisation.
• Un concepteur d’organigramme (à la hypercard-hypertexte).
• Il se présente comme The Personnal Content Management Assistant..


www.curl.com/html
• Une forme de data visualisation.
• Se présente comme le Next generation Web Applications.

www.ipari.com
Voir /Nouveatés / Pattern tracer
• IPARI = investigation par l’image par cartes de connaissance offert par la Centrale d’informatin et d’analyse visuelle (France)
• Technique utilisée notamment par la police européenne.

www.xplane.com
• Une xplanation est une capsule schématique qui présente une vision concrête et concise d’une situation donnée.
• Cette Visual thinking company médiatise les schémas utilisé dans les magazines Business2.com, etc.

www.kartoo.com
Voir /Options /Affichage / KartOO
•KartOO est un outil d’analyse et de veille utilisant des cartes visuelles dynamiques et relationnelles.
• Un outil plurilingue.

www.a-i-a.com
• Utilisation des cartes de connaissances pour gérer des réunions et des projets
par Applied Intelligence Atelier (Montréal)
• Textes d’explication sur cette technique et le langage (K-Language) utilisé.

www.mapquest.com
• Un outil grand public offrant des cartes géographiques.

www.i-km.com
Voir /carte du site /Carte de navigation /carte Méthode
• Utilisation pour le groupe européen I-KM de cartes cognitives