![]() |
|
|
![]() |
|
Les progrès continus sur les matériaux, les techniques de gravures et l'innovation dans les dispositifs, ont permis à la micro-électronique, à l'optique et l'optoélectronique de nous faire bénéficier d'une puissance de traitement de l'information toujours croissante pour le calcul, la transmission et les stockage de données.
Ce progrès, autosynchronisé pour partie par la Loi de Moore est prévu pour atteindre ses limites dans les années 2010-2015, nous serons alors dans l'ère du tera, terabit par sur une fibre optique, terabit de memoire et tera opérations sur une carte.
Outre les apports bruts de chute des coûts et de miniaturisation qui permettent la dissémination des unités de traitement, cette rupture continue induit des progrès réguliers, sur deux autres familles de technologies structurantes :
-l'algorithmie de traitement du signal, des données ou de l'information : l'augmentation de puissance de traitement rend progressivement utilisable de nouvelles familles d'algorithmes proposées par les mathématiques appliquées et en retour stimule la recherche dans ce domaine.,
- les architectures, les langages informatiques et les méthodes de spécification et de production du logiciel : ils bénéficient à plein de la réduction des coûts de traitement et des progrès en génie algorithmique, permettant de maitriser des systèmes de plus en plus complexes.
Sur les bases actuelles de développement des technologies microélectronique, cette " fusée à trois étages " doit nous propulser, sur une orbite de progrès continu jusqu'en 2020-2025.
Au delà plusieurs paradigmes, ou familles technologiques déjà émergentes, devraient avoir atteint leur pleine maturité : les technologies de l'intelligence et la mise en réseau des connaissances.
Les technologies de l'intelligence constituent une rupture quantitative et qualitative par rapport aux technologies de traitement de l'information d'aujourd'hui.
Une rupture quantitative, conséquence des augmentations de performances des moteurs de raisonnement logique, permettant le développement des agents rationnels, l'augmentation des performances et des fonctionnalités des moteurs classiques de traitement de données, et amenant au décollage des techniques de data mining pour le traitement en temps réel des grosses quantités de données. Il y a la, les premiers facteurs de constitution d'une plateforme technologique pour une intelligence de traitement rationnelle ou logique.
Une rupture qualitative par l'émergence de nouvelles approches algorithmiques, faisant part à l'auto-organisation, à l'apprentissage, au hasard, aux perturbations, au chaos et aux phénomènes irréversibles, pour mettre en relation, combiner, trier, de grandes quantités d'information, pour apprendre et organiser. Cette forme d'intelligence, par analogie avec le développement de l'intelligence humaine, est de l'ordre de l'intuition, de l'évolution voire de l'ontogenèse.
La mise en réseau des connaissances est un paradigme simple au premier abord, mais qui réserve beaucoup de difficultés pour appréhender la complexité réelle des systèmes informationnels à venir et l'évolution du concept de connaissance dans la future société de l'information et de la communication.
La mise en réseaux potentielles de dizaines de milliard d'entités intelligentes, traitant des teraopérations par seconde, échangeant des teraoctets à travers des liens permettant des débits en terabit par secondes crée à l'évidence une problématique de complexité vertigineuse qui ne se laissera pas appréhender en une décennie.
De plus le process de connaissance, qui à partir de données, de modéles, d'expériences, de valeurs permet au travers de multiples médiations de mettre en relation instantanée ou différée les sources d'informations et les humains, va lui aussi à l'évidence se transformer et se traduire par de pressants besoins de technologies de traitement et de médiation, et conduire à des évolutions très fortes des compétences humaines et des processus d'apprentissage et d'éducation.
Il y a plus concrètement à construire une nouvelle géographie des réseaux, des flux d'information, et de leur sémantique qui va régir l'accessibilité et l'utilisabilité des connaissances potentiellement mises en réseau.
C'est pourquoi en matière de construction de la société de l'information, un examen des technologies doit être complétée par une réflexion sur les évolutions des usages, des pratiques et des compétences. Capacités des utilisateurs à mettre en oeuvre les outils de communication qui leurs sont offerts, intégration de ces outils dans les pratiques professionnelles, familiales ou sociales, interactions des usages avec les évolutions économiques, culturelles ou éthiques, ces questions on le sait, vont modeler les trajectoires d'évolution dans les espaces du possibles proposées par les technologies.
Ceci demande donc que soient développées en parallèle les sciences et techniques sociales et humaines, pour fournir les modèles, les méthodes, les outils, mais aussi des cadres de choix pour les valeurs, les morales et les éthiques qui ne doivent pas vivre isolées du mouvement des sciences et des technologies.
Pendant ce temps la science progresse à pas de géant dans le domaine du vivant et de l'ingénierie biologique. Ce mouvement sera probablement la source de nouveaux intérêts pour l'humanité, l'objets de nouveaux enjeux et constituera peut être la nouvelle frontière dans 20 à 30 ans. En ce qui concerne les technologies de l'information, nous pouvons raisonnablement penser que nous pourront bénéficier des progrès scientifiques dans ces derniers domaine pour donner naissance à de nouvelles technologies de traitement de l'information prenant le relais de l'ére microelectronique..
En conclusion, le potentiel de développement technologique à l'aube mythique du 3 ème millénaire peut donner largement matière à rêver, à construire, mais aussi à vigilance pour rester maître de leurs usages.