Mondialisation de l’enseignement supérieur : saurons-nous relever les défis ?

Chargement de la carte…

Date / Heure
Date(s) - 27/06/2017
17 h 30 - 20 h 00

Emplacement
Ministère de la recherche

Catégories


Grande conférence annuelle Prospective 2100

en partenariat avec l’Association des auditeurs  de l’Institut des hautes études pour la science et la technologie (AAIHEST).

Ministère de la recherche, amphithéâtre Gay-Lussac.
Accès ouvert et gratuit,  inscription préalable requise :
https://2100-mondialisation-enseignement-superieur.eventbrite.fr

Conférence par Jean-Louis Armand, professeur des universités, (Université de Californie , Aix-Marseille Université)

La conférence sera suivie d’une table ronde avec quatre discutants :
Jean-Charles Pomerol, ancien Président de l’Université Pierre et Marie Curie,
Michèle Gendreau-Massaloux, ancien recteur, conseillère du Secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, et vice-présidente du Groupe inter-académique pour le‎ développement,
Jean-Louis Bobin, physicien, professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie, auteur de nombreux livres de vulgarisation scientifique,
Jean-François Cervel, auditeur de l’IHEST,  inspecteur général de l’administration de l’Éducation nationale et de la recherche honoraire (IGENR) et membre de la Commission nationale française pour l’Unesco.
La table ronde aura pour modérateur Moussa Hoummady, délégué à la stratégie, à la prospective et aux partenariats du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), président de l’AAIHEST.

Argument

Il a fallu attendre 1896 pour voir renaître l’université française, supprimée par la Révolution.  Elle a depuis eu à faire face à un afflux massif d’étudiants, auxquelles des réformes successives se sont efforcées de répondre.  La loi relative aux libertés et responsabilités des universités de 2007 comme la loi relative à l’enseignement supérieur et la recherche de 2013 ont ainsi cherché à affirmer autonomie des universités.

Le modèle de l’Université de Californie, prôné par les promoteurs de la loi de 2007, reposait en réalité sur une vision tronquée et surtout dépassée d’un système à trois composantes, qui a fortement évolué dans les trente dernières années.  L’enseignement public aux États-Unis, et tout spécialement en Californie, a renoncé à son idéal original d’ascenseur social : plutôt qu’à des étudiants modestes recrutés sur la base du mérite, les universités cherchent aujourd’hui avant tout à attirer du monde entier des étudiants aisés dont dépend pour la majeure partie leur financement, au détriment de l’excellence des programmes sous-gradués.  En France, la prolifération d’écoles de commerce pour la plupart privées reflète cette tendance.

Alors que les réformes successives ont fait la preuve de leurs limites, il appartient de s’interroger lucidement sur les obstacles spécifiques à la France :

  • coexistence des grandes écoles et des universités
  • financement de l’enseignement supérieur
  • coexistence des universités avec le CNRS
  • nombre d’universités
  • recrutement des enseignants
  • coût de scolarité et sélection des étudiants

Il s’agit de répondre courageusement aux défis, de permettre à notre enseignement supérieur d’être enfin plus efficace et plus juste.

Jean-Louis Armand a enseigné à l’École polytechnique, à l’Université de Californie et à Aix-Marseille Université.  Il a été président de département à l’Université de Californie, président de l’Institut Méditerranéen de Technologie et de l’Asian Institute of Technology.  Il a été membre du Conseil scientifique de défense, du Conseil supérieur de la recherche et la technologie, du Comité national d’évaluation de la recherche.  Il a également servi comme conseiller pour la recherche et la technologie à l’Ambassade de France au Japon.