Réguler la finance au XXIe siècle

François Valérian

par François Valérian, polytechnicien, ingénieur général du Corps des mines et docteur en histoire, administrateur de Transparency International France

Réguler la finance peut sembler impossible. La finance en effet, et ce au moins depuis les tablettes cuites dans des incendies, qui attestent des prêts en Mésopotamie au XVIIe siècle avant Jésus-Christ, est l’industrie de l’avenir. Elle est l’industrie de l’avenir, non pas au sens d’une industrie d’avenir mais d’une activité entièrement tournée vers l’avenir, car l’objet de toute finance est l’avenir, sur lequel on parie ou dont on se protège.

Or l’avenir se prête difficilement à la régulation, comme Victor Hugo le rappelait à Napoléon il n’appartient à aucun prince, et selon ce qu’on croit l’avenir n’est à personne ou il est à Dieu. La finance évolue toujours pour épouser l’avenir tel qu’il semble se dessiner, et y trouver un gain ou une protection. Pour cela, et même si ses principes sont les mêmes depuis les débuts de la civilisation assyrienne, elle change de forme. Les régulateurs constatent souvent qu’ils ont régulé une forme dépassée de finance, ou régulé pour prévenir la dernière crise et non pas la prochaine.

La finance bouge dans le temps, et elle bouge aussi dans l’espace alors que la règle politique ou juridique est le plus souvent circonscrite par les limites d’un territoire. Il existe donc dans la régulation financière une tension spatiale entre l’objet à réguler et les instances régulatrices. S’interroger sur la régulation financière, c’est s’interroger sur cette tension entre d’une part l’espace de la finance et de ses flux, et d’autre part l’espace du politique et de ses règles.

Je ne saurais m’interroger sur les règles de la finance sans me plier à la règle de l’exercice auquel je suis convié, qui est, si je l’ai bien comprise, de situer toute interrogation dans un XXIe siècle long, qui évoque le moment présent mais pour le dépasser dans un effort point entièrement différent de celui du spéculateur financier, et pour évoquer donc cet objet de la finance qui est l’avenir. Le financier, qui passe sa vie à interroger l’avenir, sait aussi que la prochaine seconde, voire la prochaine fraction de seconde, est incertaine, et je partage un peu cette conviction. Je ne me déroberai pas cependant à l’exercice de prospective, mais sans quitter du regard le passé lointain ou proche, et je me propose donc d’envisager dans son évolution temporelle, avant le XXIe siècle, depuis la crise de 2008, et enfin dans une réflexion prospective, la tension entre l’espace de la finance et l’espace de la régulation.



Quelques photos de la conférence
(clichés Dom Lacroix, Creative Commons BY-NC-SA)

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Dernières nouvelles de Mars

Alain Dupas

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Alain Dupas, physicien, est l’expert français le plus renommé pour la comparaison des différents programmes d’exploration spatiale. Il a recueilli les dernières informations sur les projets américains de voyage vers Mars, notamment les initiatives d’Elon Musk et de Jeff Bezos. Dans cette conférence à l’École des mines de Paris, il fait le point de ces différents projets et explique en quoi l’expédition martienne, qui paraissait utopique jusqu’à ces dernières années, a des chances de se réaliser et ce dans un horizon proche.

Quelques autres photos de la soirée

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Clichés Dom Lacroix
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Évolution et biodiversité

Philippe Grandcolas

Marie-Christine Maurel

Le colloque Évolution et biodiversité s’est déroulé toute la journée du 4 novembre 2016 dans l’amphi Rouelle du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
La connaissance de la biodiversité et de son évolution lui paraissant des éléments pertinents pour la prospective, TV 2100 a filmé les conférences et discussions.
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