L’esprit des peuples et l’innovation

Jean-Éric Aubert

Comment les manières de penser et de faire, forgées au fil de l’histoire, influencent les capacités d’innovation et le développement industriel des pays ? Comment on le perçoit à travers des détails ? Comment le prendre en compte dans les politiques publiques ?

Telles sont les questions qu’aborde Jean-Éric Aubert, ancien de l’OCDE et de la Banque mondiale. Il s’appuie sur une expérience d’interventions dans plusieurs dizaines de pays de tous niveaux de développement, relatées dans le livre Cultures et systèmes d’innovation, Presses des Mines, mars 2017.

Le diaporama intégral

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Quelques photos, (clichés Dom Lacroix)
(Cliquez sur chaque photo pour faire défiler. Ou patientez 2 secondes, oh fougueux visiteur !)

La colonisation du système solaire

Le deuxième âge spatial (2013-2068)

La colonisation du système solaire aura-t-elle lieu ?
Conférence 2100 par Alain Dupas, prospectiviste des questions spatiales, auteur et consultant international

Le fondateur de SpaceX et de Tesla, Elon Musk, veut créer une colonie martienne autosuffisante avant la fin de ce siècle. Jeff Bezos, le fondateur de Amazon.com mais aussi de la startup spatiale Blue Origin, veut favoriser l’installation de milliers d’êtres humains dans la région Terre-Lune, et en particulier coloniser le satellite naturel de la Terre.

Ces projets pharaoniques ont-ils un sens ? La colonisation de la Lune, de Mars, et au-delà de l’ensemble du système solaire, est-elle techniquement, économiquement et socialement possible ? Est-elle l’un des aspects majeurs de l’évolution de la civilisation humaine dans les prochaines décennies et dans les prochains siècles ?

La grande transition (Printemps de la prospective 2017)

Société française de prospective

2100

Les “cygnes noirs” (Cliché Dom Lacroix)

PROBLEMATIQUE
Le monde est en perpétuelle transformation et ceci n’est pas nouveau. Mais ce qui est nouveau, c’est l’ampleur des changements et leur accélération.
Plus le monde se complexifie et plus il nous échappe. En même temps, les repères se dissolvent dans les mécanismes mêmes qu’ils sont censés éclairer. Tout se passe comme si notre monde était agité de mouvements tectoniques imprévisibles et incessants, dont les plaques, séparées et interdépendantes, s’entrechoquent au gré des courants et se chevauchent en désordre.
Face à ces évolutions, la Société Française de Prospective fait l’hypothèse que nous sommes aujourd’hui engagés dans une « Grande Transition » qui devrait à terme conduire à des modes d’organisations économiques ou sociopolitiques et à une humanité très différents de ce qu’ils sont aujourd’hui.
Annoncée dès la fin des années 30 par le sociologue américain Pitirim Sorokin comme une longue crise de passage entre des sociétés matérialistes et un monde dominé par des valeurs immatérielles, reprise ensuite par d’autres auteurs sur des bases très différentes, cette notion de « Grande transition » n’est pas nouvelle, mais n’a pas reçu jusqu’à présent en France tout l’écho qu’elle mériterait d’avoir. Pour les uns, il s’agit d’un basculement déjà inscrit dans l’histoire : avec les nouvelles technologies de l’information et l’intelligence artificielle, avec la mondialisation du développement et la conscience des limites écologiques, avec aussi les possibilités de modifier en profondeur la nature et le corps humain, nous serions entrés depuis la seconde guerre mondiale dans une mutation équivalente dans son ampleur à celle qui a permis il y a 10 000 ans de passer de l’homo sapiens nomade et cueilleur-chasseur au sédentaire agriculteur puis créateur des villes. Nous serions ainsi à la veille d’une rupture radicale non seulement économique et écologique, mais aussi anthropologique.
Pour les autres, il s’agit moins d’un futur annoncé que d’un impératif de transformation à long terme. Dans les années 2000, le Global Scenario Group – mis en place aux Etats-Unis à l’initiative du Swedish Environnemental Institute, et peu après la New Economic Foundation au Royaume-Uni , l’ont ainsi définie comme le ou les chemins qu’il nous faudrait parcourir pour pouvoir affronter efficacement les grands défis planétaires présents ou à venir – climat, inégalités, changements technologiques, conflits… C’est cette tension entre un futur annoncé, en partie déterminé à l’avance, et un futur choisi que nous souhaitons explorer la forme ultime de cette phase planétaire de l’histoire dans laquelle nous sommes restant profondément incertaine.
Quelle que soit la manière de la définir – passage incertain entre deux mondes stables ou changement dirigé ou désiré – la Grande Transition se distingue de celles qui nous sont devenues familières depuis une dizaine d’années – transition énergétique, écologique, numérique, urbaine, démocratique… – par quatre caractéristiques majeures :
– d’abord une dimension temporelle : elle s’exerce à l’échelle séculaire ou même plus – ce qui la différencie des crises – une temporalité longue car il faut que tous les éléments constitutifs du nouveau système puissent émerger, se développer, se stabiliser…
– ensuite une dimension d’amplitude : car c’est le système en entier qui change ou doit se transformer. C’est un changement de « paradigme » ;
– une dimension aussi systémique : car ce sont tous les domaines qui peuvent être affectés – de la technologie à la culture en passant par l’économie, le travail, les relations sociales, la société, la politique et même les conceptions de l’homme – par des transformations liées entre elles… ;
– et enfin une dimension d’intensité : car les mutations à envisager sont et seront majeures, notamment dans la phase d’accélération dans laquelle nous sommes désormais engagés.
Dans ce mouvement d’ensemble, les deux ou trois décennies à venir seront en effet décisives. C’est très largement des choix qui seront faits dans les trente prochaines années – c’est-à-dire aujourd’hui- que dépendront à la fois notre capacité à traverser cette longue transition sans crise trop grave et le « nouveau monde » qui sera laissé aux générations futures.
Le Printemps de la Prospective de la Société française de prospective, qui s’est tenu les 24 et 25 mars 2017 à Reims, en retenant ce concept de « Grande Transition » s’est donné trois grands objectifs :
Le premier objectif est d’identifier et de soumettre à la critique ce que ce terme de « Grande transition » recouvre. Il s’agira de comprendre le sens et la dynamique de ce mouvement historique dans lequel nous sommes engagés, d’en imaginer les conséquences et de prendre conscience que nous vivons un moment de grandes transformations intenses et irréversibles. Il s’agira aussi de confronter les opinions sur le sens qu’il faut donner à ce concept et de relier aux débats ou aux enjeux qui se sont déjà développés autour de la notion de transition.
Le second objectif est de se projeter à un horizon de 20-30 ans et d’imaginer les scénarios possibles et les grands enjeux à cet horizon décisif. Il s’agira de mobiliser le regard des prospectivistes et de montrer ce que la prospective peut apporter de spécifique et de substantiellement différent de ce qui a été dit jusqu’à présent pour décrypter ce qui va se jouer dans les années à venir.
Enfin, le troisième objectif est d’explorer les conséquences pour l’action de cette perspective de Grande Transition – d’imaginer les chemins plus ou moins tourmentés qui nous prépareront à ce basculement, d’en appréhender les enjeux, et d’identifier quelques formes d’action concrètes ou innovations qui devront être menées ou développées pour s’adapter ou conduire le changement – et ceci à toutes les échelles, de l’individu au collectif et au Monde.
Pour cela, après une première journée consacrée à une réflexion au niveau général, la journée du 25 mars 2017 donne la parole aux acteurs sur le territoire – élus, entreprises, institutions, société civile… Elle permet – en misant sur la capacité des acteurs à innover et coopérer – d’appréhender la « Grande Transition » comme une mise en mouvement, une dynamique de transformation en émergence – avec ses risques et opportunités. Il s’agit collectivement d’explorer à cette échelle locale les meilleurs chemins possibles pour que ce qui peut apparaître un futur subi devienne une transition maîtrisée et désirée.
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Christine Afriat
Jacques Theys
Société Française de Prospective

Les organisatrices :
Christine Afriat Laurence Sartor
Patricia Auroy Emmanuelle Chaplault

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Mythes pré-bibliques et prospective

Thierry Gaudin

Ces dernières décennies, les historiens et les archéologues ont fait connaître au public la diversité des anciens mythes de tous les continents. Parmi ces légendes et ces croyances, certaines, antérieures à l’écriture de la bible, contiennent des enseignements d’une actualité surprenante.
Thierry Gaudin, président de la Fondation 2100, nous expose des réponses que nos ancêtres ont données dans le lointain passé, alors que nous sommes aujourd’hui, au XXIe siècle, confrontés au changement climatique et à la raréfaction des ressources énergétiques et naturelles.

Ordinateur quantique et cryptographie

Renaud Lifchitz

Illustration ci-dessus : Position dans le temps d’un atome sous condition quantique,
parfois déterminé à 100%, parfois à 50% – Image créée par Thomas Fogarty, étudiant de l’University College Cork, Irlande

 

L’ordinateur quantique en pratique
et ses impacts sur la cryptographie

Conférence proposée par Dominique Lacroix sur le conseil de Gérard Peliks, dans le cadre de l’atelier « Prospective et cyberstratégie »

Cette conférence n’a pas été filmée, mais vous trouverez ci-dessous le diaporama intégral de la présentation, des liens documentaires pour aller plus loin et quelques photos de la soirée.
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Cryptologie et quantique, aide ou menaces ?

Gérard Peliks

Par Gérard Peliks, Association des réservistes du chiffre et de la sécurité de l’information (ARCSI)

Conférence proposée par Dominique Lacroix, dans le cadre de l’atelier « Prospective et cyberstratégie »
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Évolution et biodiversité

Philippe Grandcolas

Marie-Christine Maurel

Le colloque Évolution et biodiversité s’est déroulé toute la journée du 4 novembre 2016 dans l’amphi Rouelle du Muséum national d’histoire naturelle de Paris.
La connaissance de la biodiversité et de son évolution lui paraissant des éléments pertinents pour la prospective, TV 2100 a filmé les conférences et discussions.
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Films d’animation

Thierry Gaudin

akenatonInvité par Marie-Anne Fontenier à présenter le travail de la prospective aux auteurs de films d’animation à l’école de l’image Gobelins, Thierry Gaudin, après avoir esquissé une histoire de la prospective en France et aux États-Unis, recommande de revisiter les grands mythes pré-chrétiens, car ils rejoignent les préoccupations du 21e siècle telles que l’énergie solaire et la préservation de la nature.
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Ubériser l’État ?

Uberiser_EtatLe 22 juin 2016, deux jeunes ingénieurs des mines, Clément Bertholet et Laura Létourneau, présentaient leur mémoire de fin d’études, dirigé par Michel Berry, à l’École des mines de Paris.

Le sujet de ce mémoire :
Ubérisons l’État avant que d’autres ne s’en occupent

particulièrement audacieux et d’actualité a été filmé.
En voici la vidéo : Ubérisons l’État

Les slides de cette présentation sont aussi disponibles sur Slideshare.

Utopie et société

L’Utopie dans la politique et l’histoire françaises

Conférence 2100 du cycle Utopies, dirigé par Philippe J. Bernard, prononcée le 4 février 2016, dans l’auditorium RTE à la Défense (Paris)

À l’époque contemporaine, c’est à dire depuis la fin du XVIIIe siècle, des idées positives ou critiques ne manquent pas d’être entretenues de la possibilité d’une meilleure organisation sociale. On peut parler d’utopie, dans la mesure où il s’agit d’une vision à la fois radicale et complète de ce que la société devrait être, ne se limitant pas à un avenir lointain, mais destinée à des conséquences immédiates dans l’orientation des conduites publiques et privées. La France en est un exemple particulier. Cette première conférence portera sur le domaine de la politique et de l’organisation politique. Continuer la lecture de Utopie et société

Voyage vers Mars

Photo Dom Lacroix, Panamo.eu

Une base scientifique martienne vers 2050
Une base scientifique martienne vers 2050

NB. Une autre conférence sur ce thème a été donnée par Alain Dupas le 18 novembre 2016 à l’École des mines de Paris : Dernières nouvelles de Mars.

Pourquoi envoyer des astronautes sur Mars ? Depuis la conquête de la Lune, la planète rouge est le grand objectif de l’astronautique. Ce choix est-il rationnel ? Est-il réaliste ? La vérité est que ni la raison, ni la science, ne peuvent justifier, à elles seules, la conquête humaine de Mars, de même que le programme Apollo n’a pas été entrepris uniquement pour étudier la Lune. La motivation principale est l’extension de la civilisation humaine à un autre monde, susceptible de devenir un deuxième havre de vie pour l’humanité, une Terre 2.0 en quelque sorte.

Pour les États-Unis, un tel objectif est presque naturel : il s’agit de conquérir une « nouvelle frontière », comme l’Ouest du continent nord-américain l’était au 19e siècle. Continuer la lecture de Voyage vers Mars

Enseignement de l’informatique

Gilles Dowek

Photo Dom Lacroix, Panamo.eu

Nos connaissances s’enrichissent, se recomposent et se restructurent sans cesse : de nouveaux domaines apparaissent, d’autres fusionnent, d’autres encore voient leurs méthodes se métamorphoser radicalement. Ces transformations des connaissances appellent des transformations homologues des systèmes éducatifs, chargés de les transmettre de génération en génération. Il ne s’agit pas de réformer les systèmes éducatifs une fois pour toute, mais davantage de les organiser de façon à ce qu’ils puissent se transformer en permanence. À travers l’exemple de la lente et douloureuse introduction d’un enseignement d’informatique dans le système éducatif français, j’essaierai d’esquisser les conditions d’un système éducatif agile.
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Les living labs en santé et autonomie

Robert Picard et Antoine Vial, qui sont les deux promoteurs du mouvement des living labs, lieux d’expérimentation et germes d’innovations dans le registre des soins de santé, présentent l’évolution de leur projet depuis sa création. Il y a actuellement, en novembre 2015, une trentaine de living labs en fonctionnement.
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Climat et migrations

Jean-Éric Aubert

Thierry Gaudin

Photo Dom Lacroix, Panamo.eu

À la suite de l’étude de l’OCDE Securing livelihood for all, Jean-Éric Aubert, qui est un des auteurs de cette étude et Thierry Gaudin, président de Prospective 2100, ont saisi l’occasion de l’assemblée générale de Prospective 2100 pour s’interroger sur les migrations au 21e siècle en relation avec le changement climatique et notamment les sécheresses. Le tableau est inquiétant.
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Le futur du travail

Yves Caseau

Yves Caseau
Yves Caseau

Le sujet du futur du travail et de l’entreprise reçoit beaucoup d’attention. De nombreux articles proposent des scénarios décrivant ce à quoi peut ressembler le travail de demain. Certains mettent en opposition le « Toyotisme » et le « scrumisme » (sic). Ce qui est intéressant, c’est cette idée que la technologie permet de déconstruire l’entreprise, en l’affranchissant des lieux et du temps. Yves Caseau, Directeur de la « Digital Agency » du groupe AXA, et membre de l’Académie des technologies, donne sa vision de l’évolution du travail.
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La Tentation de l’homme-dieu

Bertrand Vergely

Bertrand Vegely. Cliché Dom Lacroix
Bertrand Vegely. Cliché Dom Lacroix, Panamo.eu

Bertrand Vergely, professeur de philosophie, présente au Forum 104 le thème de son dernier livre, une réfutation du transhumanisme au nom de sa foi chrétienne orthodoxe.
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Les centrales solaires spatiales

Lucien Deschamps

Lucien Deschamps, cliché Dom Lacroix, <a href="https://panamo.eu>Panamo.eu
Lucien Deschamps, cliché Dom Lacroix, Panamo.eu

Capter le rayonnement solaire dans l’espace et l’envoyer sur terre sous forme de micro-ondes est un projet ancien, de très grande ampleur, qui permet d’espérer d’une part de satisfaire les besoins croissants en électricité, d’autre part de franchir un pas décisif dans l’installation de l’homme dans l’espace. Lucien Deschamps, qui suit ce projet depuis une quarantaine d’années, expose les origines de l’idée, ses développements et l’état actuel de sa technologie. La conférence s’est tenue à l’espace de la Fondation EDF, à Paris, le 6 octobre 2015.
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